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Les échos de la saison 2025/2026

Les Échos du Concert du Dimanche 8 février 2026

© Concerts Classiques d'Épinal

Quand on vous dit Gershwin, vous pensez... "Summertime and the livin' is easy" ? Oui, mais quoi d'autre ? Né à New-York en 1898 de parents juifs exilés et décédé brutalement à l'âge de 38 ans d'une tumeur au cerveau, l'auteur d'Un Américain à Paris, de la célèbre Rhapsody in Blue et de Porgy and Bess, mena une vie peu banale. Une destinée faite de rencontres multiples qu'il croqua à pleines dents. Un boulimique de tout, notamment dans le monde de la musique. Une existence multiple que le pianiste Samuel Aznar est venu conter dans le cadre du concert-apéritif ce dimanche 8 février 2026. Avec la bienveillante complicité d'Hervé Berger aux percussions et du Chantrainois Guillaume France à la contrebasse.

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Et si on doit retenir un seul nom parmi les musiciens français du début du 20e siècle qui ont tapé dans l'oreille de Georges Gershwin, il faut citer Maurice Ravel. Indéniablement, ses compositions symphoniques en ont été largement imprégnées. Et vice-versa d'ailleurs puisque Ravel ne s'est jamais caché de ce que Gershwin lui avait apporté.
Une belle histoire d'amitié en somme de deux grands noms de la musique que Samuel Aznar a su distiller avec passion et chaleur entre chaque morceau.

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Pas facile mais Samuel a mis tellement de lui-même dans ce conte musical que le temps a passé très vite, trop vite. Même si mélanger classique et jazz n'est pas chose spontanée, même si narrer et interpréter demande faconde et à-propos. Mais la quadrature du cercle a été atteinte avec brio par Samuel Aznar qui a su captiver chacun d'un bout à l'autre de ce voyage dans le talent de Gershwin. Sans doute jusque-là n'avait-on pas mesuré les liens qui unissaient ces deux monstres sacrés. Deux passionnés, deux talents, deux amoureux de belle musique, magnifiés et mis en valeur, presqu'idéalisés dans les propos de Samuel Aznar.
D'ailleurs, dites-moi, comme appelle-t-on la fusion de la musique classique et du jazz telle que le trio Aznar l'a décliné en ce 8 février ?
C'est le « Third Stream », un genre musical qui fusionne le jazz et la musique classique. Le terme a été inventé voici quelques années, c'était en 1957, par le compositeur Gunther Schuller lors d'une conférence à l'université Brandeis. Une forme de 3ème courant comme son appellation l'indique dans la langue de Shakespeare. Une forme de voie médiane que nos trois compères, Samuel, Hervé et Guillaume, ont déclinée à merveille et avec un tact infini. Une déclinaison finalement très adaptée au contexte méridien. En tout cas, une vraie innovation qui a mis en lumière le fait que tous les chemins bien ciselés mènent à la plénitude et à la conscience que nos tympans peuvent progresser à chaque note, à chaque mélodie et à chaque rapsodie.
Dominique Beaumont

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Les Échos du Concert du Dimanche 11 janvier 2026

L'élégance et le raffinement d'une belle fin d'après-midi !

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Dans un postlude à son ouvrage sur Johann Strauss (Actes Sud), le critique musical Alain Duault écrit : « Le succès de tous les concerts de "musique viennoise" à travers le monde conforte l'intérêt qu'on ne doit jamais s'empêcher d'avouer pour cette musique "qui fait du bien" : en notre époque durement cabossée, c'est plus qu'utile, c'est indispensable. »
Et c'est bien tout le programme intelligemment conçu par David Reiland qui a rendu la fin d'après-midi de ce dimanche 11 janvier 2026 à la Rotonde de Thaon-les-Vosges si « indispensable », alors que notre pays et le monde vivent des heures sombres soulevant de réelles inquiétudes. De la Marche pour la cérémonie des Turcs de Lully à la Marche de Radetzky de Johann Strauss père, ce sont quatre siècles de musiques festives qui ont conquis, enchanté, les quelque 850 personnes présentes.
L'indispensabilité et le plaisir ne sont pas ignorance et l'on saura gré au directeur musical de l'Orchestre National Metz Grand Est d'avoir instillé avec subtilité quelques pièces faisant écho à des évènements traumatisants, tel le Jumba-Dance inspiré des danses des esclaves africains de Florence Price, première femme compositrice afro-américaine, qui eut à subir les affres de la ségrégation raciale. L'histoire passée des États-Unis d'Amérique bégaie ! Quelle résonance donnée à ce Libertango d'Astor Piazzolla, alors que les libertés - la première de l'expression - sont bafouées et reculent dangereusement !

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Pour le début du concert, David Reiland troque la baguette pour le bâton de direction que Lully employait pour marquer le tempo en frappant par terre. On sait que ce bâton lui sera fatal lors d'une répétition du Te deum pour la guérison du roi [Louis XIV]. Il n'en fut rien pour notre chef qui put enchaîner avec L'invitation à la danse de Carl Maria von Weber. Telle une rêverie intimiste en son centre, cette page qui doit sa célébrité à l'époustouflante orchestration d'Hector Berlioz brille par la souplesse et l'élégance du pupitre des cordes mené par le violon super-soliste Nicolas Alvarez. Les deux Danses hongroises de Brahms et les trois extraits du ballet Casse-noisette de Tchaïkovski confirment l'excellence de l'Orchestre. De la musicalité avant tout et non un déchaînement orchestral tonitruant souvent entendu dans Trepak, par exemple. David Reiland nous rappelle qu'il n'est pas là pour briller mais pour faire briller son orchestre. Il s'impose par son style musical affirmé et sa complicité avec les musiciens. Impression confirmée avec l'Ouverture d'Orphée aux Enfers de Jacques Offenbach, le Mozart des Champs-Élysées, qui se referme sur un galop devenu une sorte d'hymne du plaisir et du... lever de jambe !

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La deuxième partie de ce concert que David Reiland commente non sans humour renoue avec les « parfums et les chemins » de la Vienne insouciante célébrée par la dynastie Strauss. Franz von Suppé fait figure de précurseur avec ses nombreuses opérettes dont Cavalerie légère menée tambour battant avant que les sonorités enveloppantes et tourbillonnantes de la polka Banditen-Galop, de la valse du Beau Danube bleu et de la Marche de Radetzky ne referment ce premier concert de l'année 2026. Une incontestable et indispensable réussite !
Olivier Erouart

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Les Échos du Concert du Vendredi 5 décembre 2025

Des ombres lumineuses !

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Il s'avère que l'action de chanter libère dans le corps des endorphines, aussi appelées « hormones du bonheur ». Lesquelles sont également sécrétées par le cerveau lorsque nous nous astreignons à des activités physiques. Mais si chanter peut permettre de se libérer de son stress, force est de constater que l'écoute du chant choral doit avoir également quelques vertus bienfaisantes et apaisantes. Ainsi le 5 décembre dernier, la basilique St-Maurice avait fait le plein de mélomanes et de spectateurs venus écouter ce traditionnel concert de la St-Nicolas. Avec à la clé un remarquable succès d'audience, voire une participation qui fera date. Chacune et chacun ont accueilli avec un bel enthousiasme la meilleure chorale de France de l'année 2024, l'Ensemble Leszczynski qui a été fondé à Nancy en 2008. Un choeur habité par des choristes expérimentés, professionnels ou amateurs, rejoints par quelques musiciens, tous infiniment désireux de créer un programme musical novateur. « Ce groupe » rappelle son chef, « est né du simple désir de chanter ensemble et de se former au plus haut niveau ». Un beau et simple dessein en somme qui s'inscrit d'ailleurs dans le réseau des chorales à Coeur Joie, une appartenance pleine d'ambition et gage d'enthousiasme.

Dirigé par Geoffroy Vancon, l'Ensemble Leszczynski a exhalé sous les voûtes de St-Maurice un répertoire unique qui a mis en avant des oeuvres de compositeurs contemporains des XXe et XXIe siècles, permettant au public de découvrir des oeuvres encore peu connues en France prouvant ainsi que la musique moderne peut être à la fois poétique et émouvante.

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La première partie de ce remarquable concert nous a fait traverser la nuit, celle de Noël bien sûr avec quelques belles surprises. Et notamment des sons issus de verre à vin pour accompagner les vocalises du groupe mais surtout des auteurs méconnus empreints d'une belle sensibilité et expressivité. Ainsi Erik Esenwalds qui allie tradition chorale nordique, souvenirs d'enfance et tessitures sonores venues de nulle part, ainsi Dan Forrest avec sa réécriture affirmée du plus ancien chant de Noël d'Amérique du Nord. Mais l'Amérique était omniprésente pour cette première partie avec Eric Withacre, Dan Forrest et Elaine Hagenberg. Avec ce lien ténu entre nuit et obscurité, sommeil et mort, qui prépare au retour de la lumière, à l'aube, au retour de l'espoir lié aux fêtes de fin d'année.
La deuxième partie avait logiquement choisi de magnifier la clarté retrouvée en faisant se répondre les oeuvres issues du patrimoine et celles nées de la création contemporaine. Un jeu de ping-pong qui a mis en lumière successivement Gabriel Fauré, Ola Gjeili, Elaine Hagenberg (à nouveau), César Franck, Rebecca Dale et Michel Legrand. Mais fêter la nativité ne serait pas... sans un medley de chants de Noël traditionnels où la lumière des éclairages se partage avec la joie sincère qui illumine le visage de tous les spectateurs-mélomanes-auditeurs et chanteurs d'un instant ravis et emplis d'un bonheur non feint. Retenons enfin que cette édition a vivifié les coeurs et les esprits et que la barre est placée haut pour l'année prochaine. Mais le comité des Concerts Classiques a plus d'une idée dans sa besace pour y répondre !
Jean-Pierre Begel

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Les Échos du Concert du Dimanche 23 novembre 2025

UNE EXQUISE CONVERSATION MUSICALE

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Charlotte Julliard au violon et Eliane Reyes au piano nous ont offert à la Louvière un très joli moment musical, un de ceux qui comptent dans une saison. Elles nous ont entraînés sur un agréable chemin musical de Bruxelles à Strasbourg, parsemé de bijoux. Nées dans la musique, elles n'ont pas mis longtemps à l'apprendre, elles la vivent. Et elles la transmettent, l'une dans le rôle apaisant d'une grande soeur expérimentée qui donne le ton avec délicatesse. L'autre, avec la fougue de la jeunesse, plus instinctive, qui aime sortir des sentiers battus.
Ce duo touchant et prenant a transporté la Louvière avec un merveilleux talent, déroulant des oeuvres marquantes et originales, en mariant les époques, les styles et les genres. L'effet magique a eu tôt fait de charmer le public dans un moment unique qui a dégagé une émotion particulière.
Ouvrant le concert avec « La Sonate pour violon et piano en fa majeur » de Beethoven, une de ses oeuvres les plus populaires et les plus poétiques, le duo marque d'emblée le choix de l'excellence. Les quatre mouvements, interprétés avec une parfaite complicité, sont délivrés avec une grande expressivité, où les tonalités et les nuances se fondent en un chant fluide, mordant, lyrique ou bondissant pour se terminer dans un cantabile rafraîchissant.

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Avec Joseph Ryelandt, dont Eliane Reyes a contribué à exhumer la sensibilité du coeur et la pureté de la forme, nous touchons au romantisme par la Suite pour piano dans « Clair de lune ». Le toucher subtil de la pianiste, seule en scène, nous séduit par la douceur de l'interprétation dont la rêverie délicieuse gagne tous les auditeurs.
Dans la même veine, le duo très inspiré interprète la charmante « Romance pour violon et pour piano » de Marie Jaëll, en quête de l'idéal romantique, qui alterne la douce plainte susurrée du piano, avec les aigus et les murmures du violon comme autant d'élans du coeur.

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En contraste, l'interprétation magistrale de la « Sonate pour violon et piano en la mineur » traduit bien la volonté de rupture de Georges Enesco qui s'inspire du folklore populaire, en ouvrant toute la gamme des sonorités parfois inouïes, de l'épure au foisonnement des notes. Le violon chante une complainte déchirante quand le piano trace des arabesques orientales. Les artistes rendent avec talent l'atmosphère slave, avec un violon d'une grande sensualité dont le chant aux inflexions tziganes est commenté avec finesse par le piano. S'y glissent des sons de la nature et de la ville dans une belle palette de couleurs pour mieux nous ramener à la profondeur de la vie intérieure. Ainsi la pureté et la virtuosité de l'écriture ont porté les deux artistes inspirés jusqu'à un final éblouissant.
Le célèbre intermezzo, la « Méditation de Thaïs » de Massenet, s'imposait pour clore ce superbe concert par un instant suspendu. Devant un public conquis par tant de grâce et d'émotion, les deux artistes avaient bien mérité de goûter les rappels qui saluaient leur magnifique prestation.
Jean-Pierre Moinaux

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Les Échos du Concert du Samedi 4 octobre 2025

DES MONUMENTS GRAVIS PAR LE QUATUOR AKOS

Le Quatuor Akos est venu nous régaler le 4 octobre dernier avec deux monuments du répertoire classique. En première partie, le 14e Quatuor « La Jeune Fille et la Mort », où les angoisses de Franz Schubert se font jour.
Composé presque en même temps que le précédent en mars 1824, ce célébrissime quatuor en ré mineur a subi quelques ultimes retouches deux ans plus tard. Juste au moment de sa première exécution qui, contrairement à ce qui s'était passé pour le treizième en la mineur, se heurta à l'incompréhension générale. Sans doute y avait-il, après une oeuvre certes tragique mais au lyrisme assez intime, de quoi être décontenancé par l'angoissant climat de violence éruptive de ce nouveau quatuor tout entier hanté par le thème de la mort. Ici en effet, de la première à la dernière note, « les angoisses du compositeur devant cette mort dont il sait qu'elle l'habite, le réclame, le séduit et le berce à l'avance en même temps qu'elle le révulse et l'indigne, se succèdent et se heurtent entre abandon presque filial et rage contre l'implacable compagne qui l'entraîne ». Tout est dit !
Dernière oeuvre totalement achevée de Beethoven, qui l'écrivit entre juin et octobre 1826, le seizième quatuor (opus 135 en fa majeur) se démarque nettement des précédents. On a ici une écriture acérée, « la finesse de la polyrythmie et tous les nombreux aspects prémonitoires de cet ultime chef-d'oeuvre » qui, même s'il appartient plus que les autres derniers quatuors à l'idéal architectural hérité de Haydn et de Mozart, déploie des inflexions d'une furieuse modernité. « On croit par moments entendre non du Beethoven, mais du Bartok et du Schönberg, voire du Webern » disent les musicologues.

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Mais qu'à cela ne tienne, le Quatuor Akos a transmis avec un infini talent, des archets de circonstance et une verve tout à fait minutieuse et ciselée la richesse de ces deux oeuvres pas spontanément faciles à décliner et à transcrire. C'est sans doute là que résident leur talent et leur propension à traduire avec empathie des oeuvres promptes à déclencher un spleen mal venu. À aucun moment, ils n'ont laissé transparaître une quelconque mélancolie à travers la justesse et la finesse de leur interprétation. Précis, fidèles à la partition, complices dans les partitions de chacun, ils ont extrait la quintessence de ces deux oeuvres pas forcément faciles au premier abord. Mais il en faudrait plus pour troubler la belle complicité de ces quatre artistes, minutieux et explicites au chevet de leurs instruments respectifs. Tous quatre auront marqué les esprits des mélomanes et habitués des Concerts Classiques d'Epinal. Une belle découverte qui en appelle peut-être d'autres dans l'avenir. Tous les spectateurs en garderont de toute évidence un souvenir ému tant la difficulté évidente de tels morceaux s'est transformée en atouts plaisants. C'est bien là tout l'enjeu de l'interprétation d'une oeuvre quelle qu'elle soit et sans conteste, ils ont montré une infinie justesse et une belle complicité qu'on n'est pas prêt d'oublier sous les cintres de la Louvière.

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Que dire enfin de Kol Nidre (Quartet de Sade. John Zorn) ! Si la musique de chambre occupe une place particulière dans notre société, le quatuor à cordes en est peut-être le summum, ou du moins le passage obligé pour les compositeurs voulant être pris en compte. Il faut bien avouer que les Mozart, Beethoven, Webern ou Ligeti ont tous emprunté cette figure imposée. Il fallait donc bien qu'un jour John Zorn, musicien touche-à-tout, s'y intéresse. Afin de montrer que les frontières sont faites pour être franchies et que le cercle des grands compositeurs n'est pas insubmersible. Une frontière franchie par John Zorn en 1999 et rendue avec maestria par le Quatuor Akos. Et comme la pochette du disque de John Zorn le laisse à penser, si l'homme est mortel, les quatuors à cordes sont immortels ! Ou alors traversent le temps !
Jean-Pierre Bégel

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Les Échos du Concert du Samedi 27 septembre 2025

ALEXANDRE LE GRAND !

Ce n'était pas tout à fait l'affluence des concerts du Nouvel An mais on y était presque, ce samedi 27 septembre, à la Rotonde de Thaon-les-Vosges ; ce concert de l'Orchestre philharmonique de Strasbourg était très attendu par les mélomanes vosgiens et d'ailleurs : certains de Nancy, d'autres de Strasbourg.
Était aussi attendu Alexandre Kantorow, soliste invité, qui, d'un pas rapide, alerte rejoint le Steinway de concert. L'heureux finaliste du Concours Tchaïkovski en 2019 mène depuis une carrière sur tous les continents à la rencontre des chefs, des orchestres et des salles les plus renommés. Cette gloire n'a entaché ni sa simplicité ni son accessibilité comme le public a pu le constater lors d'une séance de dédicace de disques.

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Le compagnonnage d'Alexandre avec l'Orchestre philharmonique de Strasbourg date de quelques années, c'est cet orchestre qu'il choisit pour ses débuts dans le Troisième Concerto pour piano de Serge Prokofiev qu'il jouera en mars 2026 à la Philharmonie de Paris avec l'Orchestre philharmonique de la Scala de Milan et Riccardo Chailly.
Terminé en Bretagne en 1921, ce Troisième Concerto est le plus populaire des cinq laissés par le compositeur. Il doit cette popularité à son scintillement orchestral, à sa vivacité rythmique et à son subtil équilibre entre sarcasmes, thèmes populaires et une virtuosité solistique de chaque instant culminant dans une course vertigineuse d'arpèges dans la dernière variation du deuxième mouvement. Doté de moyens digitaux époustouflants, Alexandre Kantorow rend justice à cette partition où les instants poétiques et raffinés sont à mille lieux de l'esbroufe sonore non justifiée, trop souvent entendue sous d'autres doigts. Avec son sens du raffinement, notre soliste recherche la clarté des lignes et la variété des couleurs en accord avec les musiciens de l'Orchestre dirigés admirablement par Ana Maria Patino-Osario. Cette jeune cheffe d'orchestre - elle est née en 1995 en Colombie - se révèle avec une gestique précise et souple.
On avait pu s'en assurer avec une Ouverture Rosamonde de Schubert allante, bondissante en ouverture de concert, puis avec une Deuxième Symphonie de Beethoven énergique, primesautière. De la belle ouvrage !
Olivier Erouart

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