Concerts Classiques Épinal

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Les échos de la saison 2021/2022

Les Échos du Concert du 23 octobre 2021

Duo Piano-Violoncelle Guillaume Bellom et Yan Levionnois

© Natacha Colmez

Un accord parfait

Depuis le Concours international de piano de 2015 à Epinal, où il a brillamment remporté le premier prix, Guillaume Bellom a fait son chemin constellé de récompenses prestigieuses jusqu'à aujourd'hui, où il travaille avec Renaud Capuçon sur un programme ambitieux rempli de surprises. Tel « Un Violon à Paris », recueil de petites pièces partagées lors du dernier confinement, ou cette visite musicale de trois trésors de la musique de chambre.
De la même manière, son duo avec Yan Levionnois, à l'Auditorium de la Louvière, a tenu toutes ses promesses devant un public séduit par la variété des oeuvres interprétées et la diversité des rythmes et des thèmes abordés. Il faut bien dire que Yan Levionnois est son complément parfait au violoncelle, pour une prestation où l'éclectisme des morceaux va de pair avec la justesse de leur interprétation. Une alchimie réussie pour un moment d'exception.
Embarqués pour un « road movie » dans l'histoire de la musique de Franz Liszt à Astor Piazzolla, on découvre des oeuvres de grands compositeurs rarement interprétées qui défilent comme des petits bijoux dans un kaléidoscope. Un véritable enchantement pour un programme empreint d'une douce mélancolie.
Le public, sous le charme de la musicalité subtile d'un jeu expressif et séduisant, a ovationné les deux artistes, dont la complicité a révélé leur accord parfait.

Les Échos du Concert du 17 octobre 2021

Duo de guitares Thibaut Garcia et Antoine Morinière

© Stéphane Calmels, L'atelier des photographes

Une magnifique création originale à Épinal

Thibaut Garcia et Antoine Morinière sont nés sous les meilleurs auspices. Nés pour se connaître dès l'âge de 7 ans au sein du Conservatoire. A 14 ans pour décider de travailler en duo et aussi de se partager le monde, l'un à l'est, l'autre à l'ouest. A partir de 20 ans pour remporter des prix prestigieux dans les plus belles salles du monde. A 27 ans chacun, pour offrir à Epinal une création travaillée pendant un an : la transcription des Variations Goldberg de J. S. Bach.
Plongeant au coeur de l'oeuvre de l'un des plus grands compositeurs de musique classique, ils distillent avec sensibilité et créativité la première transcription à la guitare, la leur, des Variations Goldberg. Le public en a le souffle coupé, les deux guitares se métamorphosent progressivement en un clavier de clavecin, jouant de ses cordes pincées. Les deux artistes révèlent la complexité et la richesse de l'écriture de Bach, en dévoilant avec talent l'intelligence de l'oeuvre. Une nouvelle approche d'un monument classique par une interprétation inédite.
La seconde partie contribue aussi, sous les doigts virtuoses et inspirés des deux interprètes au renouveau de la musique classique. « Prélude, Fugue et Variations » de César Franck est offert aux mélomanes comme un élégant petit bijou. Ce joli cadeau écrit pour orgue et dédié à Camille Saint-Saëns se laisse déguster sans modération. Avec Manuel de Falla, les guitares sondent l'âme espagnole et les passions gitanes, jouant des morceaux d'anthologie avec vivacité et authenticité.
« Suite pour guitare » de Rikako Watanabe, qu'elle a dédiée à Antoine Morinière, est une oeuvre musicalement et techniquement complexe, passant de la douceur et du mystère à un univers abrasif. Une façon d'explorer toutes les ressources et les sonorités de la guitare classique... et moderne pour le plus grand bonheur d'un public conquis.

En attendant le concert © Stéphane Calmels, L'atelier des photographes

© Stéphane Calmels, L'atelier des photographes

Un duo inspiré © Stéphane Calmels, L'atelier des photographes

Les Échos du Concert d'ouverture de la nouvelle saison le 26 septembre 2021

Orchestra di Padova e del Veneto

Marco Angius à la direction de l'orchestre à la Rotonde © Concerts Classiques d'Épinal

Un concert exceptionnel

Marco Angius et son Ochestra di Padova e del Veneto avaient déjà bénéficié d'un beau succès amplement mérité quelques jours auparavant au Festival de Besançon, mais de l'avis des mélomanes qui ont eu le privilège d'assister aux deux représentations, celle de la Rotonde a brillé de mille feux. Pas seulement ceux des artistes et des instruments sous les projecteurs magnifiant de la salle de théâtre historique de Thaon-les-Vosges, mais également aux dires des musiciens eux-mêmes par son esthétique hors norme et son acoustique spécifique dans un cadre unique.
L'exécution du programme ambitieux n'en fut pas moins valorisée par des interprètes expérimentés et talentueux, mobilisés avec maestria par le maestro Marco Angius, qui s'est donné corps et âme à des oeuvres signées de compositeurs parmi les plus grands : Beethoven et Wagner. Le charme de la musique de ce dernier, dont l'épouse Cosima, à qui était dédiée l'aubade « Siegfried Idyll », a révélé avoir éprouvé « un plaisir divin » à l'écouter, a été largement partagé par les mélomanes vosgiens. La version orchestrale de Wagner a touché les coeurs du public, séduit par la célébration d'un bonheur familial simple autour du plus jeune fils, Siegfried. Une idylle pleine de délicatesse et de tendresse en contraste avec l'ampleur du finale de l'oeuvre.
L'interprétation de « l'Ouverture des créatures de Prométhée » a donné du souffle au ballet de Beethoven. L'Orchestre en a rendu parfaitement les nuances époustouflantes, entre les pianissimi de toute beauté, les répons entre les flûtes et les violons et la puissance tonique nourrissant le thème majestueux du propos héroïque. Tous les pupitres sollicités tour à tour amplifient l'effet saisissant de l'orchestration. A travers le mythe de Prométhée, emporté par son élan dramatique, le compositeur finit par s'identifier lui-même au titan, insufflant l'énergie aux hommes en dépit du supplice auquel il est soumis.
Le public, conquis par la qualité du concert, n'avait pas tout entendu. La 7e Symphonie de Beethoven, l'une des plus célèbres du compositeur, touche au grandiose, oeuvre d'art totale selon Wagner : « La symphonie est l'apothéose de la danse, la danse dans son essence suprême, presque idéalement concentrée dans le son. » L'énergie conquérante qui parcourt l'oeuvre n'a d'égal que le prodigieux bouillonnement du rythme qui confère au choc musical dans le deuxième mouvement. Beethoven en exploite toutes les ressources avec une inventivité extraordinaire. Berlioz d'ailleurs y voyait « un chef d'oeuvre d'habileté technique, de goût, de fantaisie, de savoir et d'inspiration. »
Marco Angius et l'Orchestra di Padova e del Veneto, en virtuoses inspirés, nous ont offert une interprétation magistrale de la 7e Symphonie qui a subjugué le public, dont les applaudissements ininterrompus au terme d'un formidable épilogue ont ponctué les bravos scandés dans toutes les travées.

© Concerts Classiques d'Épinal

© Concerts Classiques d'Épinal

© Concerts Classiques d'Épinal