Concerts Classiques Épinal

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Les échos de la saison 2021/2022

Les Échos du Concert d'ouverture de la nouvelle saison le 26 septembre 2021

Orchestra di Padova e del Veneto

Marco Angius à la direction de l'orchestre à la Rotonde © Concerts Classiques d'Épinal

Un concert exceptionnel

Marco Angius et son Ochestra di Padova e del Veneto avaient déjà bénéficié d'un beau succès amplement mérité quelques jours auparavant au Festival de Besançon, mais de l'avis des mélomanes qui ont eu le privilège d'assister aux deux représentations, celle de la Rotonde a brillé de mille feux. Pas seulement ceux des artistes et des instruments sous les projecteurs magnifiant de la salle de théâtre historique de Thaon-les-Vosges, mais également aux dires des musiciens eux-mêmes par son esthétique hors norme et son acoustique spécifique dans un cadre unique.
L'exécution du programme ambitieux n'en fut pas moins valorisée par des interprètes expérimentés et talentueux, mobilisés avec maestria par le maestro Marco Angius, qui s'est donné corps et âme à des oeuvres signées de compositeurs parmi les plus grands : Beethoven et Wagner. Le charme de la musique de ce dernier, dont l'épouse Cosima, à qui était dédiée l'aubade « Siegfried Idyll », a révélé avoir éprouvé « un plaisir divin » à l'écouter, a été largement partagé par les mélomanes vosgiens. La version orchestrale de Wagner a touché les coeurs du public, séduit par la célébration d'un bonheur familial simple autour du plus jeune fils, Siegfried. Une idylle pleine de délicatesse et de tendresse en contraste avec l'ampleur du finale de l'oeuvre.
L'interprétation de « l'Ouverture des créatures de Prométhée » a donné du souffle au ballet de Beethoven. L'Orchestre en a rendu parfaitement les nuances époustouflantes, entre les pianissimi de toute beauté, les répons entre les flûtes et les violons et la puissance tonique nourrissant le thème majestueux du propos héroïque. Tous les pupitres sollicités tour à tour amplifient l'effet saisissant de l'orchestration. A travers le mythe de Prométhée, emporté par son élan dramatique, le compositeur finit par s'identifier lui-même au titan, insufflant l'énergie aux hommes en dépit du supplice auquel il est soumis.
Le public, conquis par la qualité du concert, n'avait pas tout entendu. La 7e Symphonie de Beethoven, l'une des plus célèbres du compositeur, touche au grandiose, oeuvre d'art totale selon Wagner : « La symphonie est l'apothéose de la danse, la danse dans son essence suprême, presque idéalement concentrée dans le son. » L'énergie conquérante qui parcourt l'oeuvre n'a d'égal que le prodigieux bouillonnement du rythme qui confère au choc musical dans le deuxième mouvement. Beethoven en exploite toutes les ressources avec une inventivité extraordinaire. Berlioz d'ailleurs y voyait « un chef d'oeuvre d'habileté technique, de goût, de fantaisie, de savoir et d'inspiration. »
Marco Angius et l'Orchestra di Padova e del Veneto, en virtuoses inspirés, nous ont offert une interprétation magistrale de la 7e Symphonie qui a subjugué le public, dont les applaudissements ininterrompus au terme d'un formidable épilogue ont ponctué les bravos scandés dans toutes les travées.

© Concerts Classiques d'Épinal

© Concerts Classiques d'Épinal

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