Concerts Classiques Épinal

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Les échos de la saison 2017/2018

Les Echos du Concert du 7 Janvier 2018

Un triomphe pour l'ONL au Concert du Nouvel An

© Concerts Classiques d'Épinal

C'était jour de fête à la Rotonde. Le rendez-vous à Vienne a très vite tourné à l'émerveillement. La ronde des artistes, messagers de la musique viennoise, a fini par emporter le public dans un tourbillon musical qui n'en finissait plus, tant le talentueux et charismatique Jacques Mercier, l'Orchestre National de Lorraine à son meilleur niveau et la foule conquise ont communié dans un grand élan fusionnel.
L'ouverture très enlevée des Joyeuses Commères de Windsor de Nicolai a donné le ton. Puis l'opérette très populaire de Johann Strauss fils, le Baron Tzigane, a scellé un mariage inédit entre le folklore tzigane et la sensibilité viennoise. C'est alors que retentit la célèbre Danse Hongroise n°5 de Brahms, marquée par un audacieux changement de thème brusque et déroutant. Bientôt le rythme des danses populaires slaves, avec la n°2 de Dvořák, tournait les têtes, quand s'immisça une oeuvre gaie, pleine d'esprit, Tritsch-Tratsch Polka, où Johann Strauss fils titille les commérages viennois. En phase, mais avec une écriture plus moderne dans Humoresque n°3, Jean Sibélius puise aux sources de la musique folklorique finlandaise. Quand Csárdás vient déjà clore la première partie sur un rythme effréné, insufflé par Johann Strauss fils.
La seconde partie ne laisse pas le public reprendre son souffle : provocatrice, dans la courte pièce d'humeur, Humoresque n°7 de Dvořák ; surprenante, en mêlant valse viennoise et charme parisien dans Wiener Bonbons; festive, avec le frère Joseph Strauss dans Plaffermaülchen ; magistrale, avec l'ouverture romantique de l'opéra les Fées du Rhin d'Offenbach ; fascinante, en enveloppant la salle comble du charme ensorcelant du Beau Danube Bleu.
Le public inassouvi a rappelé trois fois Jacques Mercier pour des bis échevelés. Epuisé, le talentueux chef de l'ONL laissa son orchestre attaquer l'incontournable Marche de Radetzky, puis complice avec la foule enthousiaste, tel un maître de ballet, conduisit avec maestria ses salves d'applaudissements. « Inoubliable » entendait-on à la sortie. Jean-Pierre Moinaux avait prévenu en accueillant le nouveau Préfet des Vosges : « Dans les Vosges, c'est par l'art pour le peuple. »

Une salle comble © Concerts Classiques d'Épinal

Jour de fête à la Rotonde © Concerts Classiques d'Épinal

Croquis de Leïla Thiriet
© Leïla Thiriet

Croquis de Leïla Thiriet
© Leïla Thiriet

Croquis de Leïla Thiriet
© Leïla Thiriet

Les Echos du Concert du 17 Décembre 2017

Des connivences subtiles

© Concerts Classiques d'Épinal

Ils se connaissent depuis l'enfance et jouent ensemble depuis 20 ans. Déborah Nemtanu et Pierre Fouchenneret, ensemble ou séparément, avec ou sans Sarah Nemtanu, représentent à l'envi la nouvelle génération d'artistes, en l'occurrence de violonistes, dont les carrières s'entrecroisent au gré des affinités musicales. Mais quand les liens familiaux ou d'amitié transcendent le travail en commun, les interprétations se font connivences subtiles et complicités esthétiques.
Ce dimanche à l'Auditorium de la Louvière, leur talent conjugué a conquis un public connaisseur et avide de découvertes. Le programme éclectique s'annonçait porteur de promesses et de surprises. Il n'a pas été déçu. La Sonate en Ré Majeur de Viotti mariait avec élégance les charmes de l'art classique, les prémisses du romantisme et la technique violonistique moderne. Sans transition, mais avec des messages pédagogiques appréciés du public, le duo nous entraînait au rythme des danses populaires de Béla Bartók, faisant soudain surgir de Transylvanie, avec humour ou nostalgie, la vie des paysans et les chants d'autrefois. Quoi de plus révélateur de leur variété et de leur originalité que la musique aux entrelacs inattendus de Bartók, traduite par toutes les couleurs de leurs instruments. Avec la Sonate pour deux violons de Prokofiev, soudain surgissait la patte d'un grand compositeur d'avant-garde très créatif que le duo de violonistes a sublimé avec technicité et empathie.
C'est à juste titre que les mélomanes spinaliens ont réservé un accueil à la mesure de leur brio à Déborah Nemtanu et Pierre Fouchenneret, qui ont quitté la scène sous des applaudissements nourris et mérités.

© Concerts Classiques d'Épinal

Déborah Nemtanu croquée par Leïla pendant le concert
© Leïla Thiriet

Pierre Fouchenneret vu par Leïla
© Leïla Thiriet

Les Echos du Concert du 10 Décembre 2017

De la grande musique

© Concerts Classiques d'Épinal

La musique est universelle. Mais quand les artistes jouent à saute-frontières, c'est encore plus vrai. Leipzig, Epinal, Berlin, la musique les porte de part et d'autre des anciennes limites qui ont profondément marqué l'histoire de nos régions transfrontalières. De l'Est à l'Ouest de l'Allemagne jusqu'à la Lorraine, et bien au-delà, Conrad Muck, Tilman Büning, Ivo Bauer et Matthias Moosdorf mettent leur talent au service d'une évidence. Initiateurs du cycle « Quatuors à cordes de Beethoven », symbole de l'amitié européenne, unis avec 15 autres ensembles, dans quinze villes musicales d'Europe : avec eux, la musique illustre profondément la capacité des hommes à surmonter la tragédie pour irriguer la paix.
Le Leipziger Streichquartett n'a pas failli à la tradition germanique. Présentation impeccable, ponctualité, rigueur technique, équilibre parfait, les morceaux s'enchaînent sans fioritures mais avec une grande justesse. Presque sans s'en rendre compte, on traverse les siècles avec Beethoven, heureuse rencontre que cette « Grosse Fuge » qui en a surpris plus d'un, tant elle transcende l'oeuvre du compositeur ; puis avec les romantiques, toujours chers au public, Schumann et Brahms pour un grand moment d'émotion. Ultime cadeau final en forme de signature anachronique et esthétique, un Choral de Bach magnifiquement interprété. Il est jusqu'à leurs instruments mêmes, qui traduisent cet itinéraire initiatique et magique dans l'espace et dans le temps qu'ils semblent tracer : Crémone 1697 pour le violoncelle, Turin 1741 et Venise 1763 pour les deux violons et Gênes 1860 pour l'alto.
Ce dimanche à Epinal, le Leipzig Quartet a justifié sa réputation internationale et son diapason d'or. Le public aurait aimé les garder plus longtemps, mais ils s'en sont retournés, en toute discrétion, comme ils ont joué, tout entiers voués à la grande musique.

Un public nombreux © Concerts Classiques d'Épinal

La sortie des artistes © Concerts Classiques d'Épinal

Les Echos du Concert du 26 novembre 2017

Sous le charme

© Concerts Classiques d'Épinal

Ils sont repartis comme ils sont venus ; lui, concentré et inspiré avec son précieux violoncelle sur le dos, elle avec distinction et légèreté du geste. La classe tout simplement.
Les Concerts Classiques avaient annoncé un grand moment, sûrs d'avoir déniché deux vraies pépites. Les amoureux de la grande musique n'ont pas été déçus. La brillante carrière internationale des deux artistes et leurs affinités musicales avec les plus grands ne laissaient guère de doute. Mais leur prestation exceptionnelle à Epinal et leur précieux contact avec le public, jusqu'à une séance de dédicaces très prisée, en ont séduit plus d'un.
Ce dimanche, le décor bleuté, intimiste, laissait présager un concert envoûtant. Dès les premières notes du Steinway mêlé à celles du Stradivarius, le public est sous le charme, comme sidéré par tant de grâce. Henri Demarquette et Vanessa Benelli Mosell, c'est le talent à l'état pur.
Les morceaux s'enchaînent comme autant de bijoux délicatement offerts à la passion des mélomanes. La séduction joue pleinement au fur et à mesure que défilent avec élégance et fougue Rachmaninov, Franck, Massenet, Debussy, Ravel, De Falla, Piazzolla, Glass... Oubliées les rigueurs du temps, ne compte plus que ce bouquet d'harmonies qui n'en finit plus d'embaumer. Au point que les artistes eux-mêmes semblent emportés par leur propre élan. L'osmose qui les lie n'a d'égale que l'avidité du public qui les retient de bis en bis.
Et quand les projecteurs s'éteignent, beaucoup restent accrochés à leur siège, prêts à les écouter toute la nuit.

le Steinway
© Concerts Classiques d'Épinal

le Vaslin
© Concerts Classiques d'Épinal

Croquis de Leïla Thiriet de l'École Supérieure d'Art de Lorraine
© Leïla Thiriet pour les Concerts Classiques d'Épinal

La séance de dédicaces
© Concerts Classiques d'Épinal

Les Echos du Concert du 22 octobre 2017

Un duo percutant et inspiré à l'Auditorium de la Louvière

Vassilena SERAFIMOVA et Rémi DELANGLE
© Concerts Classiques d'Épinal

Le Concert a été précédé la veille par 2 masterclass en partenariat avec le Conservatoire Gautier-d'Epinal : un moment privilégié par ce dialogue de clarinettes entre Rémi et les enfants, dans un échange singulier de subtilités techniques, d'émotions esthétiques, pour le plaisir de jouer ensemble. Chacun des artistes a animé sa classe avec son tempérament : écoute et patience chez Rémi qui transmet son art par l'accompagnement attentionné et scrupuleux de l'élève ; enthousiasme et dynamisme chez Vassilena qui communique avec son marimba son bonheur de créer, d'improviser et sa joie de vivre.
Le Concert lui-même, comme Vassilena l'a revécu dès le lendemain matin sur France Musique, a été « Super ! » (sic). « Un grand triomphe, tout le monde a adoré. » Pour elle, chaque prestation est une aventure humaine, une expérience unique, comme à Epinal avec des mélomanes éclairés et les élèves de la future classe orchestre de l'école Jean Macé.
Vassilena SERAFIMOVA et Rémi DELANGLE, c'est vrai, nous ont embarqués pour un voyage où se mêlaient musiques savantes, classiques, populaires et folkloriques. Qu'ils jouent Bartók, De Falla, des danses des Balkans, ou qu'ils improvisent, ils ont l'art de transmettre une passion et une générosité contagieuses. Avec une programmation à la frontière des genres, ils ont su marier les instruments, les timbres, les styles, les cultures.
Un grand moment, où la musique est tantôt recherche acoustique, tantôt lumineuse ou intimiste, mais toujours inspirée et universelle.

Le public impatient de partager un programme prometteur
© Concerts Classiques d'Épinal

La masterclass, Rémi avec des élèves du Conservatoire et leur professeur
© Concerts Classiques d'Épinal

Vassilena égrène les notes du marimba dans l'espace scénique.
© Concerts Classiques d'Épinal

Les Echos du Concert du 24 septembre 2017

Magique, le concert du 24 septembre 2017

Le compositeur Olivier CALMEL sur la scène de la Rotonde aux côtés du saxophoniste Michel SUPÉRA et de Gildas HARNOIS, chef de la Musique des Gardiens de la Paix de Paris.
© Concerts Classiques d'Épinal

Il est des lieux où la générosité déborde, l'humanité dévore et la musique s'épanouit. Le Festival des Concerts Classiques d'Épinal fait incontestablement partie de ceux-là. Dès mon arrivée dans cette magnifique salle de la Rotonde à Thaon-les-Vosges, j'ai été immédiatement enveloppé d'une bienveillante présence qui n'a cessé de m'accompagner jusqu'à mon départ. Pour des artistes, perpétuellement sur la route, sur la brèche : c'est essentiel. Outre la beauté du lieu, la magie qui s'en dégage, j'ai pu me rendre compte de la qualité acoustique qu'il offrait : réverbération naturelle flatteuse sans artifice, précision des timbres, espace du plateau et hauteur de plafond permettant une restitution riche de brillance sans aucune saturation, même dans les tutti les plus cuivrés.
Le répertoire proposé par la Musique des Gardiens de la Paix ne manquait pas de dynamique : Ouverture Américaine, programme haut en couleurs où mon concerto "Manhattan Skyline" était, avec toute la modestie qui s'impose, merveilleusement entouré d'oeuvres de Bernstein, Copland, Ellerby et Gershwin.
Enfin, et c'est peut-être le plus important, j'ai senti que nous étions en présence d'un public averti, exigeant, et populaire à la fois. Un public comblé engendre des artistes enchantés !

Olivier CALMEL
Compositeur, orchestrateur, pianiste

Michel SUPÉRA
© Concerts Classiques d'Épinal

Michel SUPÉRA & Gildas HARNOIS
© Concerts Classiques d'Épinal

© Concerts Classiques d'Épinal