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L'Orchestre Philharmonia de Prague

La Critique de P.J.

Superbe rentrée des Concerts Classiques

La rentrée automnale des « Concerts Classiques » spinaliens n’a pas fait figure de « marronnier » ordinaire comme pourrait le dire un journaliste blasé. Ce marronnier abritait, en son feuillage mordoré, deux événements. Premier événement : ce concert de rentrée sera la dernière manifestation musicale de la déjà longue histoire de la salle de la Rotonde de Thaon appelée à se métamorphoser bientôt en espace culturel à vocation régionale. Second événement : la venue, exclusive en Lorraine, du jeune orchestre Philharmonia de Prague qui a su exposer en sa vitrine deux talents confirmés, d’une part, le chef français Martin LEBEL, d’autre part, le soliste de la soirée, le violoncelliste Jiri BARTA. Deux révélations, deux succès unanimement confirmés par les neuf cents auditeurs venus saluer ce retour en force de l’Association des Concerts Classiques qui a accru son audience de manière spectaculaire sous l’impulsion de son dynamique Président Jean-Paul HOUVION.

Pour la circonstance, les jeunes musiciens tchèques ont évolué en formation Mozart pour enlever, sur un tempo juvénile, l’ouverture des « Noces de Figaro » ; puis en formation américano-romantique pour magnifier le retour de l’aigle tchèque dans sa patrie, avec ce haut relief pour violoncelle qu’est le méga concerto en si mineur de DVORAK. Enfin, en formation Beethoven pour brosser la fresque tragique d’une « Héroïque » pleine d’amertume rentrée.

Le Philharmonia praguois a agréablement surpris et même étonné l’assistance très cosmopolite, par la qualité de ses pupitres tenus par des jeunes instrumentistes ; en particulier les bois de la petite harmonie, le quatuor de cornistes et l’atelier somptueux des cuivres. En volume sonore, les cordes mériteraient peut-être d’être renforcées, encore que la discipline collective s’affirme dans les coups d’archet très minutieusement réglés. La gestique du chef français Martin LEBEL mérite quelques éloges : sa battue est claire, lisible, sans pathos bernsteinien, mais précise et efficace. En total contraste avec tel chef adepte du trampoline et du saut de cabri. En matière d’orthodoxie mozartienne on a généralement le choix entre la lenteur jupitérienne de feu Karl BOEHM et la nervosité titillieuse de HARNONCOURT. Le jeune MOZART, très impressionné par les bohémiens de la Tchéquie de son temps (MYSLIVECEK en particulier) a laissé entendre, dans sa correspondance, que ses préférences allaient à des tempi rapides. L’autre soir, en l’occurrence, Martin LEBEL avait choisi cette option pour les « Noces » composées en hâte par un MOZART qui faisait confiance à l’agilité de ses bassons et au doigté tricotant de se premiers violons.

Le grand moment de la soirée fut certainement la version du concerto de DVORAK dans lequel le jeune soliste Jiri BARTA a déboulé comme un chien fou. Mais quel talent, quelle maîtrise instrumentale, et quelle magnifique sonorité amplifiée d’ailleurs par la facture de l’exceptionnel bijou qu’il violente, un splendide Gagliano de 1785 ! Si, pour la plupart des cellistes du monde entier, à la suite de l’évangile selon saint Pablo (Casals), les suites de J.-S. BACH sont l’Alpha et l’Omega, pour les tchèques, la référence suprême c’est ce concerto de DVORAK, l’un des plus beaux, sinon le mieux écrit du répertoire avec ceux de HAYDN et d’ELGAR. Jiri BARTA en a donné une interprétation époustouflante, très architecturée, remarquablement colorée et contrastée, sans que jamais la technique éblouissante ne vienne occulter une musicalité constamment modelée. Ici encore, le chef Martin LEBEL, lui-même violoncelliste de formation, a su maintenir la balance entre les éclats généreux de l’orchestration de DVORAK, et le soliste dont la beauté du son a constamment survolé la masse orchestrale.

En seconde partie du programme, le retour de l’« Héroïque » beethovénienne a rajeuni les auditeurs chenus du public lorrain. Dans les années cinquante, on mettait les symphonies de Beethoven à toutes les sauces sucrées-salées. Ouf ! Voici une « Héroïque » rajeunie, revigorée, replacée dans son contexte historique, à une époque où les compositeurs osaient exprimer leurs idéaux politiques. Ici, c’est le témoignage d’un protestataire, déçu par un grand homme de la Révolution française devenu un tyran sanguinaire. D’où cette marche funèbre pour l’enterrement de l’espoir des peuples libres. Martin LEBEL a donné de cette « Héroïque » une version très stricte avec des mises en lumière de trouvailles d’écriture que l’on n’entend pas toujours ailleurs ; en somme, une lecture très éclairée de pages que l’on croît connaître par cœur et qui recèlent encore des trésors.

Et les Tchèques, très stylés, très fair-play, très polis, révérences comprises, nous ont quittés, bien à regret, sur l’une des seize « Slavonic Dance » d’Antonin DVORAK. Annoncée comme un concert de prestige par le staff des « Concerts Classiques », la démonstration du Philharmonia de Prague a parfaitement tenu les promesses de l’affiche. Voilà qui augure bien de la saison à venir : un bel hiver musical en perspective.

P. J.

La Presse du lendemain

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Le Reportage Photo

 

 

 

Au commencement

 

 

il y a toujours

 

 

un raccord

 

 

ni costumes, ni vernies

 

 

on s'imprègne de la salle

 

 

avec application

 

 

attention

 

 

et

 

 

bien entendu : la partition.

 

 

Au commencement

 

 

il y a la préparation,

 

 

des interrogations,

 

 

puis l'action !

 

 

la bonne direction,

 

 

la discussion,

 

 

les présentations,

 

 

l'émotion.

 

 

Ensuite un peu d'attente,

puis pour ne pas gêner l'exécution

plus de flashs,

plus que du son .

 

 

Enfin des acclamations.

 

 

Et pour finir

 

 

(en conclusion)

 

 

restauration

 

 

...

 

 

...

 

 

Concert de prestige en ouverture

de la Saison 2005-2006 des Concerts Classiques d’Épinal

Pour ouvrir leur 59ème saison musicale, les Concerts Classiques d’EPINAL proposent, samedi 1er octobre à 20 h 30 à la Rotonde de Thaon-les-Vosges, un concert d’un des plus prestigieux orchestres d’Europe centrale.

Il s’agit de :

l’Orchestre Philharmonia de Prague

dirigé, pour l’occasion, par l’un des chefs d’orchestre de la génération montante, le français

 Martin Lebel,

violoncelliste et pianiste quatre fois primé du Conservatoire National de Paris et premier français à avoir reçu le 1er prix au Concours International de Direction d’Orchestre PROKOFIEV (Saint-Pétersbourg).

Fondé en 1994, le « Prague Philharmonia » est un orchestre classique à effectif variable. Son répertoire s’oriente autour des grandes œuvres classiques, romantiques et du XXème siècle. Depuis sa création, le Philharmonia de Prague a participé aux festivals de Montpellier, La Roque-d’Anthéron, du Schleswig-Holstein, de Bergamo-Brescia, … Il se produit dans des salles telles que le Konzerthaus de Berlin, l’Auditorio Nacional de Madrid, les Suntory Hall et Opera City Hall de Tokyo, le Musikverein de Vienne, la Cité de la Musique à Paris. L’Orchestre est subventionné par le Ministère de la Culture de la République Tchèque, la ville de Prague et "CAC Leasing, a.s.".

Le programme de cette soirée est exceptionnel avec l’ouverture des Noces de Figaro de Mozart, la Symphonie Héroïque de Beethoven et le très célèbre Concerto pour Violoncelle et orchestre de Dvorak,

interprété à l’archet par un de ses compatriotes, le jeune celliste tchèque de renommée internationale

Jiri Barta

qui s’est présenté sur la scène musicale au tournant des années quatre-vingt et a trouvé bientôt sa place parmi les meilleurs violoncellistes internationaux. Jirí Bárta joue sur un violoncelle Gagliano de 1785.

La location est ouverte à l'Office du Tourisme d'Épinal, le prix des places est de 25 € en catégorie A ou de 19 € en catégorie B. Réductions aux jeunes de moins de 25 ans, aux titulaires de la carte ZAP (50%), de la carte Cezam (40 %) et en cas de règlement par Chèques Vacances (30 %).

La campagne d'abonnement à l'Office du Tourisme d'EPINAL se poursuit. Rappelons que l'abonnement (paiement par Chèque Vacances accepté mais sans réduction) permet de bénéficier des avantages suivants : rabais de 50 % pour l'abonnement complet, rabais d’environ 30 % pour l'abonnement «Liberté» qui vous permet de choisir librement les concerts auxquels vous souhaitez assister (au moins 5 concerts), possibilité de régler en deux fois pour les deux formules d'abonnement, réduction sur le tarif des concerts organisés par les JMF et rencontre avec les artistes lors de cocktails après concert.

Enfin, ajoutons une innovation : il est désormais également possible d’acheter des places pour tous les concerts de la saison dès à présent. !

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