LA CRITIQUE
Les vingt bougies de l’orchestre savoyard
Est-il si éloigné, semble-t-il, le temps où, pour accéder aux « Concerts Classiques », il était de bon ton de porter un col-à-manger-de-la-tarte, ou une double rangée de perles de culture ? La culture, comme les perles, a quitté son écrin B.C.B.G., pour des lieux moins ostentatoires. A l’occasion du vingtième anniversaire de sa naissance, l’Orchestre des Pays de Savoie est venu chahuter, un tantinet, les us et coutumes du microcosme musical vosgien, en bousculant les rites des concerts dominicaux et en apportant un peu de fantaisie dans la programmation habituelle.
Première innovation : le « propos avant concert », c’est-à-dire une présentation succincte des œuvres, façon J.M.F., mais de manière moins didactique et plus enjouée. Seule une trentaine d’auditeurs, mieux informés, ont montré assez de curiosité pour jouer le jeu de ce Quid ? Seconde surprise : l’orchestre, en formation Mozart de 21 pupitres, est dirigé, alternativement, par trois meneurs de jeu : une femme, emploi (toujours rarissime dans l’hexagone gaulois) bien tenu par Graziella Contratto ; un violon super-soliste, le réputé Patrice Fontanarosa et un chef pianiste aux talents multiples, Mark Foster. Troisième surprise : la mise en espace d’un programme volontiers multiculturel, sorte de carrefour européen intemporel et peu chronologique où Rossini escalade une échelle de soie pour mieux voir les démêlés de la meunière avec le Corregidor de De Falla ; où Dvorak prend son violon pour jouer une romance à l’Infante défunte de Ravel ; où enfin, Hindemith confie le soin à des violoneux de kiosque de villes d’eaux, de massacrer les fantômes d’une bataille navale wagnérienne tandis que Rihm parodie les ambiances viennoises, tantôt brillantes, tantôt sordides, à travers des Ländler, danses paysannes détournées de leur folklore.
Les trois chefs participent à la mise en image de leur orchestre, avec beaucoup de fantaisie, d’humour ou d’ironie. Graziella Contratto, taille mannequin et dons de comédienne et de danseuse, n’hésite pas à changer de look, du frac mahlérien à la robe à falbalas de la meunière espagnole. L’orchestre s’est bien acclimaté aux trois conducteurs, lesquels brillent chacun dans sa spécialité.
Patrice Fontanarosa, une grande pointure du violon, que l’on a eu si souvent l’occasion d’applaudir lors des récitals du défunt festival des Cordes de Mirecourt, a conservé sa noblesse d’archet et sa magnifique sonorité. Sa romance de Dvorak, jouée sans pathos, sans effets « à la tzigane », est un modèle du genre. Avec son acolyte pianiste, le sémillant chef Mark Foster, Fontanarosa s’est fait plaisir en dialoguant dans deux mouvements du concerto pour violon et piano de Mendelssohn-Bartholdy.
Dirigé à la baguette ou à mains nues, selon l’humeur du moment, l’orchestre a montré sa souplesse, sa cohésion, sa camaraderie, sans faire d’éclats particuliers. Un ensemble sérieux et de bonne compagnie. A l’ouverture du concert et au moment des bis, les instrumentistes ont préféré interpréter des variations sur le thème du « Happy Birthday To You ». L’auditorium de « La Louvière », archi-comble, a beaucoup apprécié le choix des œuvres, et la parfaite décontraction des instrumentistes savoyards. Même si ces innovations ont quelque peu incommodé certains ichtyosaures des Vieillesses Musicales de France ! Un succès de plus pour l’équipe de Jean-Paul Houvion.
Signé : INTERIM
LA PRESSE DU LENDEMAIN.
L'EST REPUBLICAIN :
Un anniversaire de concert.
Les mélomanes ont rempli l'auditorium de la Louvière récemment pour la venue de l'orchestre des Pays de Savoie proposée par les concerts classiques.
Un rendez-vous particulier puisque l'orchestre fêtait les 20 ans de sa création. Patrice Fontanarosa, illustre violoniste, a dirigé la destinée de l'O.P.S. pendant une dizaine d'années puis Marc Foster pianiste talentueux pendant près de huit ans.
Actuellement c'est Graziella Contratto, directrice artistique qui préside les travaux.
Une demi-heure avant le concert, elle a tenu à expliquer au public le contexte de l'écriture des oeuvres et la philosophie des compositeurs.
Pour commencer le concert, le public a eu droit à « La Scala di Seta » composée par Rossini à 20 ans. Le second morceau a un peu décontenancé les mélomanes : fausse note, discordances et déplacements des musiciens pour « Le Vaisseau Fantôme », parodie de l'ouverture de Wagner par Paul Hindemith.
Le style plus académique des morceaux suivant a permis d'apprécier les talents en soliste de Patrice Fontanarosa au violon et de Marc Foster au piano avant de les voir dirigé l'orchestre.
Bref, une soirée inoubliable, et des musiciens fiers de montrer qu’ « on n'a pas tous les jours 20 ans ».
LA LIBERTE DE L'EST :
L'orchestre des pays de savoir à 20 ans.
Un anniversaire pas si classique que ça
Le programme des concerts classiques continue.
Dimanche, L'Orchestre des Pays de Savoie
s'est produit à la Louvière.
Grandiose, époustouflante... Les prestations initiées par les concerts classiques d'Épinal se suivent et se ressemblent. Non pas en termes de programmation évidemment, mais en qualité.
Cela, les mélomanes ont pu s'en rendre compte à nouveau dimanche à la Louvière où se produisait L'Orchestre des Pays de Savoie.
Une formation venue sur la scène spinalienne afin certes, de venir étaler son talent au public, mais aussi pour célébrer les 20 ans de sa création.
Et pour l'occasion les musiciens ont fait preuve d'une grande originalité.Terminé, leur style solennel et bien ordonné, c'est une prestation pétillante de différents genres, de chef, de solistes et de compositeurs qu'ils avaient décidés d'offrir à l'auditoire.
Originalité tout d'abord au niveau de la direction de l'orchestre. Tout au long de la représentation, les trois chefs qui se sont succédé à la direction de la formation (Graziella Contratto, Patrice Fontanarosa et Marc Foster), ont tour à tour abandonné leurs instruments pour manier la baguette. Originalité ensuite au niveau de la programmation.
Pas banal en effet d'ouvrir un concert de ce genre avec une oeuvre de Paul Hindemith où beauté et d'harmonie se marient à un humour pas très classique. Pas banal non plus L'Échelle de Soie de Rossini couplée à un Ländler de Rihm et la romance pour violon et orchestre de Dvorak précèdent la découverte d'une « Ouverture du Vaisseau Fantôme » de Wagner parodiée par un Paul Hindemith « en délire ».
Ajoutez à cela plusieurs touches de Ravel, Mendelssohn-Bartholdy, et Falla et vous obtenez une fête de l'anniversaire sans fausse note. La Partition Du Succès A Été Écrite Par Les Concerts Classiques, Ils continuent de la suivre sans anicroche.
LE REPORTAGE PHOTO :
Images "volées" avant le concert.

Le violon n'est pas sur le toit mais tout aussi inattendu,
au milieu de la salle vide.

Le cello lui est sur scène, le photographe y a aussi accès
ce qui ne sera pas le cas dans un instant

Le chef, le bassoniste,

et le régisseur se concertent.
(car que faire en un concert à moins qu'on ne se concerte ?)

Pendant ce temps on fait les comptes au guichet,

on papote joyeusement dans la salle, en attendant

que l'orchestre entame enfin, les festivités,
ce qui sera fait, debout et sans chef,
sur un air de "Joyeux anniversaire"

Graziella Contratto,

grand chef dans tous les sens du terme,
avait évoqué dans son propos d'avant concert,
des pièces a écouter
avec un certain sens de l'humour.

sa tenue originale

et certaines facéties des musiciens le confirment rapidement.

pour le reste,

grâce à Marc Foster

et Patrice Fontanarosa
maîtrise et qualité seront de mise.

Apres le Concert,

chef

solistes

....

et orchestre,

partageront avec leurs hôtes spinaliens
le repas d'anniversaire
Dimanche 23 janvier 2005
Auditorium de la Louvière
17 h 30
« On n’a pas tous les jours 20 ans ! »
Dimanche 23/01/2005 à 17 h 30 à l’Auditorium de la Louvière, pour les vingt ans de sa création, l’Orchestre des Pays de Savoie viendra étaler son talent devant le public vosgien. Surprise garantie pour le public, les musiciens de l’OPS abandonnent leur style bien ordonné et proposent une variation explosive : une fête d’anniversaire pétillante de styles, chefs, solistes et compositeurs follement mélangés.
L’Orchestre sera dirigé par les trois Chefs d’orchestre qui se sont succédés à sa direction, Graziella Contratto, l’actuelle directrice musicale, Patrice Fontanarosa, illustre violoniste, qui passera durant le concert de la baguette à l’archet, tout comme Marc Foster abandonnera le clavier de son piano pour la baguette.
Voici un programme où rien n’est plus comme avant : trois chefs différents soufflent les 20 bougies de l’OPS, et la directrice actuelle vous présente une œuvre de Paul Hindemith où la beauté et l’harmonie côtoient un humour pas tout à fait classique ; l’Echelle de Soie de Rossini y côtoie un Ländler de Rihm ; La romance pour Violon et Orchestre de Dvorak précède la découverte d’une Ouverture du Vaisseau Fantôme de Wagner revue et corrigée par Paul Hindemith ; la Pavane pour une Infante Défunte de Ravel joue les contrastes avec le très classique Concerto pour Violon et Piano de Mendelssohn. En conclusion du concert, enfin, la découverte de la première version du Tricorne de Manuel de Falla, intitulée La Meunière et le Corregidor.
Pour plus d’information sur ce formidable programme, Graziella Contratto invite le public à un « propos d’avant-concert » de 16 h 45 à 17 h 05 environ, au cours duquel elle abordera le concert d’une manière différente : la découverte du contexte d’écriture des oeuvres, la compréhension de la philosophie des compositeurs, le dialogue spontané autour d’une programmation incitent chacun à écouter le concert autrement. Graziella Contratto vous donne donc rendez-vous pour explorer avec vous le programme de la soirée.
La location pour ce concert est ouverte à l'Office du Tourisme d'Épinal. Les titulaires de la carte Zap' (règlement avec les chèques Zap' accepté) et les jeunes de moins de 25 ans bénéficient du demi-tarif. Par ailleurs, il est désormais possible de régler sa place avec des Chèques Vacances.
Le mini programme
Dimanche 23 janvier 2005
Auditorium de la Louvière
17 h 30
Violon et direction :
Patrice FontanarosaPiano et direction :
Mark FosterDirection :
Graziella ContrattoRossini, Hindemith, Ravel,
Mendelssohn, Rihm, Dvorak, Falla
avec la participation de :

Les Artistes
L’Orchestre des Pays de Savoie
fête avec la saison 2004/2005 son 20ème anniversaire. Créé en 1984 avec le soutien de l’Assemblée des Pays de Savoie, de la Région Rhône-Alpes et du Ministère de la Culture, l’Orchestre des Pays de Savoie est la concrétisation d’une collaboration fructueuse entre les départements de la Savoie et de la Haute-Savoie, où il donne la majorité de ses concerts.
Graziella Contratto
Née en 1966 en Suisse,
Graziella Contratto étudie le piano aux conservatoires de Lucerne et Winterthur. Elle suit des études de théorie et de direction d’orchestre aux Grandes Ecoles de la Musique à Zürich et à Bâle.
De 1991 à 1998, elle donne des cours de théorie musicale au Conservatoire de Lucerne et conçoit divers concerts de musique contemporaine. En 1996, elle dirige au théâtre de Bâle à l’occasion du festival Henze, la première de l’opéra Knastgesänge de H. W. Henze ; la même année, elle fait ses débuts aux Semaines Internationales de la Musique à Lucerne en présentant une œuvre de Pierre Boulez. Parallèlement, elle prend le poste de chef d’orchestre de l’Orchestre académique de Fribourg.
Assistante de Claudio Abbado auprès de l’orchestre Philharmonique de Berlin, elle l’accompagne entre 1998 et 2000 aux festivals de Pâques de Salzbourg (Tristan et Isolde, Cosi fan Tutte ...).
De 2000 à 2002, Graziella Contratto travaille avec l’Orchestre National de Lyon, où elle a été élue à l’unanimité chef résident. Elle s’occupe également de formation
auprès de plusieurs orchestres de jeunes en Rhône-Alpes avec l’Académie de l’Auditorium de Lyon. En septembre 2002, elle est nommée Directrice musicale de l’OPS où elle prend ses fonctions officielles le 1er septembre 2003. Graziella Contratto est aujourd’hui la première femme Directrice musicale d’un ensemble orchestral permanent en France.
Patrice Fontanarosa
Patrice Fontanarosa, fils du peintre Lucien Fontanarosa, dont l’influence artistique fut déterminante, est élevé dans un milieu d’artistes. Il est l’aîné de trois enfants, sa sœur Frédérique deviendra pianiste, son frère Renaud, violoncelliste et Marielle Nordmann, son épouse !
Mark Foster
Né à Melbourne en 1957,
Mark Foster entreprend des études de piano et de composition au Conservatoire de cette même ville. Lauréat de la Deutscher Akademischer Austausch Dienst, il obtient une bourse et se perfectionne de 1978 à 1980 à Munich, où il dirige, compose et orchestre des musiques de scène et de film.
Les Œuvres
Gioacchino Rossini
(1792-1868)
Ouverture «La Scala di Seta»
1812 : c'est un Rossini âgé d'à peine plus de vingt ans qui fait jouer, à Venise, son septième ouvrage, la Scala di seta, naïve histoire d'un couple d'amoureux mariés secrètement et qui se retrouvent, le soir, au moyen d'une échelle de soie.
Paul Hindemith
(1895-1963)
Ouverture "Le vaisseau fantôme" de Wagner
Jouée comme déchiffrage par un mauvais orchestre de curistes, le matin à 7 heures, près de la fontaine"
Hindemith a écrit de nombreuses parodies musicales, restées manuscrites pour la plupart, mais dont les titres font toujours sourire comme, par exemple, l'inoubliable berceuse Tempête dans un verre d'eau.
Maurice Ravel
(1875-1937)
Pavane pour une Infante défunte
Basque par sa naissance, d'ascendance espagnole par sa mère, Ravel a été fréquemment inspiré par l'Espagne, et son tempérament ardent et fier lui a permis d'aller très loin dans la compréhension intime de l'âme ibérique.
Félix Mendelssohn-Bartholdy
(1809-1847)
Concerto en ré mineur pour violon, piano et orchestre
(2ème et 3ème mouvements)
Ce Concerto date de 1823 ; c'est donc une oeuvre du Mendelssohn âgé de 14 ans, déjà pianiste, organiste et altiste de grande valeur, auteur déjà d'un grand nombre de compositions symphoniques, chorales et de musique de chambre.
Wolfgang Rihm
(1952)
Ländler
Né à Karlsruhe. Il étudie de 1968 à 1972 le piano et la composition à la Musikhochschule de Karlsruhe, où il enseignera lui-même de 1973 à 1978, avant d'y être nommé professeur de composition en 1985.
Anton Dvorak
(1841 – 1904)
Romance en Fa mineur, opus 11
La mélodieuse Romance en fa mineur est une adaptation que fit Dvorak vers 1877 du mouvement lent du Quatuor à cordes, op. 9, composé en 1873.
Manuel de Falla
(1876-1946)
Suite de concert "El Corregidor y la Molinera"
1. Los molineros y el mirlo (Les meuniers et le merle)
2. Los celos (La jalousie)
3. Danza - El fandango (Danse– Fandango)
4. El corregidor y la molinera
5. Las uvas (Les raisins)
Après plusieurs collaborations avec les époux Martinez Sierra, qui allaient aboutir en 1915 à L'Amour sorcier, surgirent d'autres projets : en 1916, ils décident d'écrire une pantomime en trois tableaux à partir du Tricorne d'Alarcon.
En décembre 1916, la pantomime est achevée. C’est sous le titre de La Meunière et le Corregidor (le magistrat), qu'elle est jouée le 7 avril 1917 par un petit orchestre issu de l'Orchestre Philharmonique de Madrid, dirigé par Joaquin Turina. C'est ensuite sous la forme de ballet que fut représentée l’œuvre à Londres au Théâtre Alhambra, sous son nouveau titre Le Tricorne. Cette oeuvre apporta à Manuel de Falla la consécration internationale et connut un regain d'intérêt quelques années plus tard avec la première du ballet L'Amour sorcier à Paris en 1925. A l'instar de ce dernier dans sa version folklorique et ''gitane", la farce-pantomime La Meunière et le Corregidor possède suffisamment de qualités musicales pour éveiller ces derniers temps l'intérêt des spécialistes et aussi celui du grand public.