LA CRITIQUE de P.J. :
L’ancien monde à la rencontre du nouveau
Pour l’association spinalienne des « Concerts Classiques », la clôture de sa saison de onze concerts coïncidait avec la fermeture de l’année Dvorak. Année qui, en lever de rideau, avait voulu rendre hommage à Beethoven, avec une Neuvième mémorable pour conclure sur une autre Neuvième « ex-cinquième », celle du « Nouveau monde » selon Dvorak.
Symboliquement, cet ultime concert a concrétisé la rencontre musicale entre l’ancien et le nouveau monde, tant au niveau du langage qu’à hauteur des aspirations des interprètes. A savoir : l’Orchestre National de Lorraine emmené, pour une tournée régionale de huit concerts, par son chef titulaire Jacques Mercier, et la harpiste Isabelle Perrin engagée pour renouveler, chaque soir, un véritable exploit technique, en faisant découvrir aux publics lorrains le concerto de Alberto Ginastera.
Si la découverte du nouveau monde de Dvorak ne pose plus de surprise à l’auditeur lambda, en revanche celle du compositeur mosellan Théodore Gouvy suscite beaucoup d’intérêt et d’interrogation. Ce sont les musiciens de la Philharmonie nationale, soit en quatuor à cordes, soit en formation symphonique, soit avec les chœurs de Hombourg-Haut, qui ont réhabilité l’œuvre de ce vrai lorrain franco-allemand, victime des vicissitudes de l’Histoire. Volontairement marginalisé par les pontifes de la musique française et revancharde, lorsqu’il était un annexé, honni ensuite par les tenants de la kultur prussienne lorsqu’il composait de la musique française, Théodore Gouvy méritait mieux que d’être un éternel apatride musical sans racines. Car, des racines, il en avait des deux côtés de la barrière linguistique, comme le démontre son ouverture de « Giaour », œuvre bien dans l’air du temps, au moment où l’orientalisme était à la mode. Qu’en penser ? Alors que l’écriture, l’énoncé de certains thèmes, le traitement des cuivres ou les tournures mélodiques font immédiatement référence à Édouard Lalo, à Camille Saint-Saëns, à Léo Delibes ou à Charles Gonod et bien sûr, à Wagner lui-même et ses chevauchées walkyriennes. Cette ambiance souvent dramatique, post-romantique en tout cas, fait souvent songer au « Roi d’Ys » de Lalo ou encore à « L’Atlantide » de Pierre Benoit. On a donc découvert cette composition bousculée et un peu farouche de prime abord avec une curiosité admirative.
Le nouveau monde s’ouvrait ensuite à nous sous ses aspects les plus colorés et les plus captivants, auditivement parlant. L’Amérique du Sud, et plus particulièrement l’Argentine, se présentait sous la signature désormais prestigieuse de Alberto Ginastera, un compositeur aussi célèbre et apprécié dans les années soixante-dix quatre-vingt que les bandonéonistes populaires des trottoirs de Buenos-Aires. Son concerto pour harpe, daté de 1965, est devenu un monument pour cet instrument millénaire tant il a renouvelé et étendu les possibilités techniques à un degré inouï. C’est une œuvre éblouissante, comme celle qui l’a servie l’autre soir. Isabelle Perrin, qui est la grâce féminine accomplie au chevet de son instrument, est également une virtuose de haut vol dans le maniement de ce beau meuble fétiche des salons du Directoire ou du Consulat. Le beau meuble est devenu, grâce à l’imagination de Ginastera, un instrument multifonctionnel : symphonique, percussif, pianistique, claveciniste, guitariste. Isabelle Perrin jongle littéralement avec ses quarante-six cordes et ses sept pédales en énonçant toute la grammaire et la syntaxe compositionnelle codifiée par Ginastera, depuis la cadence à variations (jouée à découvert) jusqu’à la houle océanique des glissandi. Ce fut un moment merveilleux que la découverte de cette musique tonifiante, lumineuse, typiquement sud-américaine mais à la fois très proche d’un langage universel.
Ce langage universel auquel aspirait le Tchèque Anton Dvorak propulsé soudainement depuis les bords du Potomac jusqu’aux vertiges du Grand Canyon du Colorado. Impressionné, oui, par ce nouveau monde, Dvorak n’oubliera pas pour autant les danses des paysans tchèques ou moraves, de Prague à Bratislava, ce que nous rappellent le hautbois ou le cor anglais nostalgiques de cette nouvelle symphonie pastorale qui, elle aussi, comme pour Olivier Messiaen va du « Canyon aux étoiles ».
Jacques Mercier, très en forme comme ses musiciens l’autre soir, a donné de cette Neuvième une version très architecturée, très musclée, très généreuse d’intentions. Certains auditeurs pencheraient pour une vision moins carrée, plus sentimentale. Peut-être ? Mais lorsque l’on a sous la main un bel atelier symphonique, comme ce National de Lorraine, dans son état actuel c’est-à-dire excellent, il ne faut pas s’interdire d’exiger de lui le maximum d’efficacité. L’année Dvorak s’est donc terminée sur un triomphe sans bavure avec en guise d’au revoir, la polka de la troisième des seize danses slaves qu’on ne se lasserait pas d’écouter en boucle, même un jour de grève de France-Musiques !
P. J.
LA PRESSE DU LENDEMAIN :
La Liberté de l'Est :
Une clôture musicale bien orchestrée
L'association des concerts classiques peut être satisfaite de la saison qui s'est achevée jeudi soir à l'auditorium de la Louvière avec la venue de l'orchestre national de Lorraine. Pour la sixième fois , sur 11 concerts donnés, en ce lieu Lasalle affichait complet.
Jean-Paul HOUVION, la cheville ouvrière des Concerts ainsi que ses nombreux amis ont une dernière fois permis aux mélomanes de la cité d'assouvir leur passion durant plus de deux heures.
il faut bien reconnaître aussi que cet orchestre national de Lorraine et d'une qualité exceptionnelle, à l'image de Jacques Mercier, son chef et directeur artistique permanent.
Pour cette ultime représentation de la saison, les musiciens amis de la soliste Isabelle Perrin ont ouvert cette fabuleuse soirée avec un morceau d'anthologie qui n'est autre que l'oeuvre de Théodore GOUVY. Ce compositeur a obtenu les plus importantes récompenses discographiques.
Les quelque 580 spectateurs amoureux des concerts classiques étaient déjà bercés dans une soirée qui se voulait exceptionnelle à l'avance.
Soudain c'est avec un profond respect que les mélomanes ont écouté d'une oreille attentive de ce concerto pour harpe d'Alberto GINASTERA qui créa ce chef-d'oeuvre en 1965.Ce concerto est sans aucun doute la partition de la plus célèbre du compositeur argentin.
Enfin, c'est un monument de musique classique qui faisait tomber le rideau sur cette merveilleuse saison. La neuvième symphonie DVORAK dites « du Nouveau Monde » est tout un symbole retraçant les efforts des organisateurs.
W.D.
L'est Républicain :
Apothéose classique
La saison des concerts classiques s'est achevée par un triomphe.
La saison de 2004/2005 des Concerts Classiques s'est terminée comme elle 'avait commencé par un triomphe à l'Orchestre National de Lorraine dirigé par Jacques Mercier. Après la neuvième symphonie de Beethoven début octobre à la rotonde de Thaon, le prestigieux orchestre a interprété une autre neuvième symphonie, tout aussi connue, celle de DVORAK, dite « du Nouveau Monde ».
Jean-Paul HOUVION qui préside les concerts classiques ne peut que se féliciter : cinq concerts à guichets fermés,100 abonnés supplémentaires soient 274 et des sponsors étoffés, le pari de convaincre les indécis en proposant des oeuvres attrayantes et populaires porte ses fruits.
Ce jeudi soir, les 579 places de l'auditorium étaient occupées.
C'est d'abord à un compositeur lorrain aujourd'hui largement redécouvert après les années d'oubli, Théodore Bouvier (1819 - 1898), que l'orchestre a rendu hommage avec une oeuvre d'inspiration littéraire et picturale Giaour. L'ouverture proposée donne au hautbois le thème oriental ; ses fréquents accelerando ses terribles épisodes de chevauchées illustrent cette ambiance.
Créée en 1965 à Philadelphie, le concerto pour harpe, l'une des partitions les plus célèbres du grand compositeur argentin Alberto GINOSTERA a permis à Isabelle Perrin, artiste de renommée internationale de faire ressortir tout son talent.
L'interprétation de la symphonie du Nouveau Monde qu'a donné l'Orchestre National de Lorraine, a ravi le public.
Très bien, les Concerts Classiques et à l'année prochaine.
A.L.
LE REPORTAGE :

Nos abonnés sont arrivés ce jour là,
bien avant l'heure du concert

et sont restés longtemps à "papoter" dans le hall,

signe de convivialité de ce rendez vous d'hiver

que notre président n'a pas manqué d'évoquer dans son discours de clôture

prononcé devant une salle à l'image de toutes celles de la saison :
très garnie,
(et même un peu plus)

Il restait au premier violon, la charge de donner le LA

au chef de lancer ce grand ensemble de Metz

puis
d'accueillir Isabelle Perrin
et sa harpe
FIN DE SAISON EN APOTHEOSE AVEC
LA SYMPHONIE DU NOUVEAU MONDE DE DVORAK
La saison 2004-2005 des Concerts Classiques d’Epinal avait débuté avec une 9ème Symphonie, celle avec solistes, chœur et orchestre de Beethoven ; elle se terminera jeudi 10 mars 2005, à 20 h 30, à l’Auditorium de la Louvière, avec une autre 9ème Symphonie tout aussi fameuse : celle de Dvorak dite « du Nouveau Monde ».
Et, comme pour le concert d’ouverture, c’est l’Orchestre National de Lorraine, sous la direction de Jacques Mercier qui interpréteront ce monument de la musique romantique dont le dernier mouvement peut-être qualifié de « tube » de la Musique.
Ce concert organisé en partenariat avec le Conseil Régional de Lorraine permettra à la plupart des auditeurs de découvrir deux œuvres, et c’est là tout l’intérêt de les programmer avec une œuvre célèbre. Il s’agit de l’ouverture Giaour de Louis Théodore Gouvy, un compositeur lorrain du 19ème siècle, et du Concerto pour Harpe de Ginastera interprété par Isabelle Perrin.
Après avoir étudié au Conservatoire de Nice, Isabelle Perrin donne son premier récital à dix-sept ans au Festival Méditerranéen des Jeunes Solistes.
Elle poursuit ensuite ses études à la Julliard School de New York, où elle se perfectionne pendant trois ans, avant de devenir membre de l’Orchestre Symphonique de San Francisco.
A son retour en France, elle est sélectionnée par les Jeunesses Musicales de France pour effectuer des tournées de récitals à travers la France, trois années consécutives, faisant découvrir la harpe à un très large public.
En 1990, Isabelle PERRIN est nommée soliste à l’Orchestre National de France et devient la même année lauréate de la Fondation Menuhin. Elle est aussi lauréate du Torneo Internazionale de Musica de Rome.
La location pour ce concert est ouverte à l'Office du Tourisme d'Épinal. Les titulaires de la carte Zap' (règlement avec les chèques Zap' accepté) et les jeunes de moins de 25 ans bénéficient du demi-tarif. Par ailleurs, le paiement par Chèques Vacances est accepté.