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La Critique de P.J.:

NORDMANN-RADULOVIC : deux pour un binôme d’exception

Les "Concerts Classiques" spinaliens poursuivent leur mission et leur mise en orbite sur une trajectoire de plus en plus elliptique. Et éclectique. Après une escale, très fréquentée, dans la galaxie populaire d'Amnéville-les-Thermes, voici qu'on s'est élevé vers les sphères célestes en compagnie de deux astronautes de la planète classique : la harpiste Marielle NORDMANN et le très jeune et très prometteur violoniste Nemanja RADULOVIC. Un couplage d'instruments inattendu. Un binôme d'interprètes exceptionnels, encore que Marielle NORDMANN ne soit pas une inconnue en Vosges, entre EPINAL et MIRECOURT.

 

Dans leurs bagages, les deux complices avaient rassemblé un programme-puzzle, à la fois accessible, varié et enchanteur. Et surtout bien articulé autour d'un répertoire pour les deux instruments, soit en solo, soit en conversation. A chacun de briller selon son style. Radulovic a beaucoup impressionné son auditoire par sa jeunesse, par sa présentation apparemment décontractée, mais en réalité très étudiée. En solo, il s'est couvert de gloire en s'attaquant à la fameuse chaconne en ré mineur de BACH. Une oeuvre-piège, un concentré du BACH théoricien, du BACH mystique aussi, malgré l'allure profane de ces variations sur un thème lancinant et répétitif qui a hanté les jours et les nuits de tous les baroqueux de l'époque.

 

RADULOVIC, conscient de l'exploit à mener à son terme sans faille, sans une faiblesse, sans un repentir, a donné de cette chaconne une version rayonnante, marquée par une concentration cérébrale permanente et une rigoureuse technique des doubles cordes, technique humanisée par le beau timbre de son GUARNERI (instrument à lui prêté par une fondation). Une conception à la fois puissante (la jeunesse l'excuse) et retenue (rien de sentimental chez le R.P. BACH). Bravo donc pour cette démonstration éblouissante.

 

De son côté, Marielle NORDMANN a enluminé son habituelle image de marque : le charmes féminin en total accord avec la beauté organologique de son instrument de rêve, mais aussi la distinction naturelle, la souplesse digitale, l’agilité des bras. Le programme choisi baignait dans cette aura lumineuse souvent réservée aux initiés.

 

Que ce soit dans des transcriptions flatteuses comme la sonatine de SCHUBERT, ou celle très typée "slave" de DVORAK, ou encore dans la sirupeuse "Méditation de THAÏS", le couple nous a donné infiniment de plaisir. Celui de la découverte n’était pas le moindre. En l’occurrence, Marielle NORDMANN est la souveraine incontestée de la harpe virtuose dans des pièces en solo, très bien écrites d’ailleurs pour l’instrument par le paraguayen BARIOS, l’espagnol TARREGA et surtout ce méconnu OBERHÜR tout aussi intéressant que le plus célèbre PARISH-ALVARS

 

Dans un ultime feu d’artifices, les deux interprètes ont enflammé la salle de l’auditorium de la Louvière (désormais comble comme d’habitude) avec les "Danses populaires Roumaines" de BELA BARTOK.

 

Les élèves de l’E.N.M. qui avaient bénéficié d’une Master-Class dispensée par la grande dame de la harpe, n’étaient pas les seuls au septième ciel. EPINAL et ses "Concerts Classiques" peuvent être fiers d’avoir su "accrocher" ces deux artistes de haut vol : le jeune serbe naturalisé français dans le feu de sa jeunesse, et notre Marielle nationale dans tout l’épanouissement de son grand talent.

 

P.J.

La presse :

        L'Est Républicain  ( 30 01 2006 ) :

 

L'émotion sans bémol

 

Marielle Nordmann et Nemanja Radulovic se sont produits hier soir à Épinal.

La harpiste et le violoniste ont interprété de façon magistrale les oeuvres de

Jean-Sébastien Bach ou de Bela Bartok

 

Jeunesse, lyrisme d'un côté. Subtilité et grâce de l'autre. Nemanja Radulovic et  Marielle Nordmann ont dialogué à travers leurs instruments pour le plus grand plaisir de l'auditorium de la Louvière venu en nombre assister aux échanges musicaux entre la harpe et le violon.

La complicité entre les deux artistes se ressent nettement dès les premières mesures malgré leurs différences d’age. Chaque phrase musicale est ponctuée par un large sourire des duettistes. La complémentarité entre les deux artistes occasionne de véritables moments de grâce ou l'émotion traverse l'ensemble de l’audience.

L'interprétation chaleureuse des oeuvres de Jean-Sébastien Bach, Franz Schubert ou Anton Dvorak tient le public en haleine comme s'il s'agissait d'un concert de rock. D'ailleurs, le jeune violoniste serbe fait balancer sa longue crinière avec l'énergie d'un Rolling Stones des années 60 tandis que Marielle Nordmann exécute des arpèges sur sa magnifique harpe.

Le duo électrise le public en utilisant le courant alternatif : il passe d'un thème tout en nuances comme un amuse bouche à une envolée vers les étoiles lors des saillies prodigieuses. La plus marquante est sans doute intervenue avant l'entracte lorsque le jeune Serbe a effectué un solo à tomber à la renverse. Toute la palette des sentiments humains y est passée.

De l'ironie au plus pur lyrisme. Les pieds tapant le bois de la scène avec acharnement, Nemanja Radulovic paraissait avoir quitté le système solaire, rattrapé in extremis par les vivats de la foule qui pendant un long moment l’acclame à tout rompre. Dire que certains pensent que la musique classique ne passionne plus personne.

 

 

        La Liberté de l' Est  (  00 00 2006 ) :

 

A venir

 

Le reportage photo :

 

La Louvière.

 

Bon choix bien qu'il s'agisse d'un duo.

 

 

 Le théâtre n'aurait pas contenu ce public qui comble l'auditorium.

 

 

Sur la scène vide encore, que la lune seule éclaire,  un superbe instrument

 

 

règne comme un pilier, dans une cathédrale qui n'attend que ses officiants :

 

 

claires cordes

 

 

et sombre violon

 

 

si présents et si mutuellement attentifs.

 

 

 Et  ce Guarneri méritera bien la rose offerte à son maître

 

 

 

 

Dimanche 29 janvier 2006

Auditorium de la Louvière

17 h 00

Les artistes :

Rendez-vous mêlant l’expérience et la jeunesse,

avec l’illustre harpiste :

 

Marielle Nordmann,

Beaucoup d'excellents interprètes savent faire de la musique. Certains savent même chanter. Rares pourtant sont ceux qui utilisent leur instrument pour parler et dire des choses essentielles. Marielle Nordmann est de ceux-là. A l'âge de 10 ans, Marielle Nordmann rencontre la légendaire harpiste Lily Laskine, ce qui déterminera sa carrière. Soliste internationalement reconnue et admirée, elle a joué avec les plus grands musiciens et les orchestres les plus prestigieux,

 

Elle donnera la réplique au violoniste

 

Nemanja Radulovic

 

Révélation internationale des Victoires de la Musique 2005, né en Serbie le 18 octobre 1985, Nemanja Radulovic commence ses études musicales en 1992. De 1999 à 2000 il est élève de Tatiana Afanasieff au Conservatoire de Paris dans la classe de Patrice Fontanarosa. Il a remporté de nombreux prix dont : le 1er prix du concours de Stresa en 1995, 1er prix et prix spécial de virtuosité au Concours Patar Kocian (Belgrade) 1997, prix spécial du jury du Concours Yehudi Menuhin à Boulogne-Sur-Mer en 1998. En 1999 il obtient le 1er Grand Prix Georges Enescu et en 2003 le 1er prix du Concours de Hanovre et, bien sûr, début 2005, il obtient une Victoire de la Musique au titre de «Révélation internationale».

 

Les oeuvres :

 

Franz Schubert

 

(1797 – 1828)

Sonatine n° 1 en Ré Majeur, D.384

- Allegro molto

- Andante

- Allegro vivace

 

On sait peu de choses sur l’origine de ces sonatines sinon qu’elles furent écrites en mars et avril 1816, alors que Schubert avait 19 ans. Leur expressivité singulière, inspirée mais subtile, et leur noblesse naturelle témoigne de l’extraordinaire profondeur et maîtrise de cet adolescent.

 

Jean-Sébastien Bach

(1685 – 1750)

Chaconne en Ré mineur, BWV 1004

La Chaconne de la deuxième Partita BWV 1004 de Jean-Sébastien Bach comptent parmi les œuvres à la beauté envoûtante à la prodigieuse inventivité thématique, la richesse harmonique, aux accents tour à tour baroques, romantiques voire modernes.

 

Anton Dvorák

(1841 – 1904)

Sonatine, opus 100

- Allegro risoluto

- Larghetto

- Scherzo

- Finale

 

Dvorak composa, entre le 19 novembre et le 3 décembre 1893, cette Sonatine pour sa fille Otilká et son fils Toník. Dvorák l’intitula «sonatine» pour souligner son caractère sans prétention, mais tout en signalant que «les adultes pourraient y prendre plaisir à leur manière».

 

Camille Saint-Saëns

(1835 – 1921)

Fantaisie pour violon et harpe, opus 124

- Poco Allegretto

- Più Allegro

- Largamente

- Poco più mosso

 

Écrite à la demande des deux ravissantes sœurs EISSLER, cette Fantaisie opus 124 est une magnifique pièce d’improvisation où le compositeur marie avec bonheur les 47 cordes de la harpe aux 4 cordes du violon, dans un discours et un échange romantiquement passionné.

A. Barrios

Allegro

Cet Allegro est extrait du triptyque la « Cathedral » de ce compositeur paraguayen, écrit pour l’instrument favori de ce dernier, la guitare. La transcription faite par Marielle Nordmann apporte une envergure et une virtuosité exceptionnelle à cette courte pièce.

 

Francisco Tarrega

(1852-1909)

Recuerdos de la Alhambra

L’une des œuvres les plus populaires de Tarrega, guitariste espagnol. Une autre transcription de Marielle Nordmann qui apporte ainsi à son instrument, une pièce pleine d’émotion.

K. Oberhür

(1819 – 1895)

Le Sylphe

Harpiste et compositeur allemand, élève du célèbre Parish-Alvars, on lui doit de très nombreuses pièces de haute virtuosité ainsi qu’un concertino de très bonne qualité.

 

Jules Massenet

(1842 – 1912)

Méditation de Thaïs

Extrait de l’opéra en trois actes du même nom, écrit en 1894. Cet arrangement propose une célèbre page pour violon remise en valeur par un accompagnement subtil et délicat.

 

Béla Bartók

(1881-1945)

Danses Populaires Roumaines

Bartók consigne des milliers de chansons et de danses folkloriques. Il fera de quelques-unes d'entre elles des adaptations qui aboutiront au grand recueil de Danses Populaires Roumaines en 1915, accompagnées ici par la harpe qui leur donne une connotation folklorique par le timbre de l’instrument se rapprochant du cymbalum.

 

Et un peu plus

+

 

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