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La Critique de P.J.

L’éblouissante soirée des six KING’S SINGERS

De l’Atlantide de la Renaissance à l’atoll de la pop music, telle était la passionnante croisière proposée par les King’s Singers, à travers les archipels du répertoire le plus abouti. Les abonnés aux « Concerts Classiques » spinaliens ainsi que les choristes amateurs des formations locales ou régionales ont vécu une merveilleuse soirée en osmose avec les six vocalistes anglo-saxons qui allient les performances de la voix aux facéties visuelles colorées par des pointes d’humour bon enfant.

Solennellement recueillis au pied de leurs pupitres, en complets-vestons stricts agrémentés d’une discrète touche de couleur en cravate, les six solistes ont imposé immédiatement silence et méditation avec une pièce religieuse, sinon sacrée : ce « Totus tuus », hymne marial mis en lévitation par le polonais Henryk GÖRECKI. Une page miraculeuse de musique planante, subtilement architecturée, articulée autour de crescendos à peine renforcés et de pianissimi aux douceurs soyeuses. Les deux remarquables contre-ténors, purs produits de l’école anglaise, donnaient ainsi le ton d’une soirée dont le programme en éventail réservait bien des surprises et des émerveillements.

Certes, l’unanimité des auditeurs, choristes ou simples curieux, s’est portée sur la qualité de ces voix très travaillées, parvenues à un degré de perfection quasi-absolue, du moins en ce qui concerne le grain du timbre, assimilable à une couleur instrumentale. Techniquement irréprochables, les six compères ajoutent à cela des dons de comédiens imitateurs, révélateurs d’un efficace travail de groupe. Et, cerise sur le plum-pudding, un délicieux accent rigolo lorsqu’ils articulent les joliesses de l’ancien français de la Renaissance.

Éblouissants, les King’s Singers l’ont été plus spécialement en deux occasions au cours de cette soirée si habilement diversifiée. Première démonstration étourdissante : la fameuse « bataille de Marignan », un coriace morceau de bravoure où les amateurs aventureux se sont si souvent cassé le cou. Quelle belle leçon de mise en place, de virtuosité vocale et rythmique, de précision dans les harmonies imitatives ! C’est aussi un témoignage historique porté par Clément JANEQUIN ou Josquin DESPREZ : pour avoir poussé l’alchimie harmonique jusque dans ses derniers arcanes, ces audacieux compositeurs se sont retrouvés devant un mur du son infrangible, comme devaient en faire l’amère expérience les sérialistes dodécaphonistes quatre cents ans plus tard !

Deuxième passionnante découverte, les quatre madrigaux « insensés » de Giörgy LIGETI, autre surprenant alchimiste des micro-intervalles et de la polyrythmie. La complexité de ces petites pièces en forme de bijoux enfantins, n’a échappée à personne. Les King’s Singers accumulent ici les prouesses polytonales, modales et rythmiques, sans se départir de leur bonne humeur ou de leur humour à fleur de lèvres. L’auditoire était muet d’admiration.

Ces deux grands et surprenants moments de la soirée auraient déjà justifié le déplacement des mélomanes accourus en nombre. Mais le sextuor a voulu s’illustrer dans deux autres genres. Tout d’abord dans des lieder super romantiques de Johannes BRAHMS où, curieusement, le retour à la tonalité en habits bourgeois nous a paru un peu fadasse et sévèrement dépassé. Et puis, un saut à pieds joints dans la pop music avec les meilleurs arrangements du répertoire des inusables Beatles. Ce pot-pourri a mis en joie une partie de l’auditorium. Bruyamment ovationné et rappelé, le joyeux sextuor est revenu, en toute décontraction, faire son numéro. En l’occurrence, une fantaisie animalière où les onomatopées imitatives et les mimiques (style « Comédiens Harmonistes » d’avant-guerre) ont truffé la basse-cour de ce bestiaire farfelu, chanté en italien ! Dernière pirouette vocale et linguistique de la part de ces musiciens d’exception qui ont fait les choux gras de ces « Concerts » si peu « Classiques » mais tellement conviviaux.

P. J.

La presse :

    L'Est Républicain  ( 22 11 05 ):

Les rois du chant a cappella.

Venus d'Angleterre, les célèbres « King's Singers » ont offert au public de la Louvière un tour de chant à absolument royal.

L'ensemble vocal «The King's Singers » tire son origine son nom du King's Collège de Cambridge, un établissement éminemment réputé pour la qualité de son enseignement dans le domaine du chant choral.

Commencée au début des années 70, la carrière professionnelle du jeune groupe d'étudiants atteints rapidement une dimension internationale, grâce à l'interprétation rigoureuse et à l'éclectisme de son répertoire. Une carrière fulgurante, émaillée par de nombreux concerts, album est autre shows télévisés.

Pour le plus grand plaisir de tous les amateurs de musique chantée, l'Association des Concerts Classiques d'Épinal a accueilli les King Singers sur la scène de l'auditorium de la Louvière. « Nous sommes d'autant plus satisfaits de les avoir parmi nous ce soir qu'ils ne se produisent que rarement en France », indiquait le président Jean-Paul HOUVION. Très attendu, cette escale vosgienne s'inscrivait en outre dans le calendrier d’une vaste tournée mondiale, qui après l'hexagone, devait emmener les six artistes britanniques vers d'autres contrées d'Europe puis vers la Corée et le Japon. David Hurley, Robin Tyson, Paul Phoenix, Philip Lawson, Chris Gabbitas et Stéphane Connolly ne sont pas les membres fondateurs de la troupe. Rien n'a changé quant à l'esprit pionnier qui en est à l'origine. Ambitieux, perfectionniste, les choristes ont en effet la particularité de s'intéresser à tous les styles vocaux, du Moyen Âge à la renaissance, de l'ère romantique à l'époque contemporaine, de la musique pop à la chanson populaire.

Le répertoire proposé à cette occasion était d'ailleurs à l'image de leur polyvalence, se déclinant de l'oeuvre sacrée de Gorecki aux succès des Beatles , en passant par les créations lyriques de Janequin, les polyrythmies de Ligeti où les compositions pour chant de Brahms.

Mêlant pureté, charme et sophistication, les King Singers ont fait preuve d'une maîtrise à ce point remarquable au fil de leurs interprétations, que les auditeurs en sont littéralement restés sans voix.

    La Liberté de l'Est (17 11 05 ):

Les King Singers rois sur scène

Les Concerts Classiques ont encore une fois fait Louvière comble l'autre soir dans la cité

Mercredi à Épinal le lendemain en Corée, le surlendemain au Japon...

Une fois de plus, Jean-Paul HOUVION, le président des concerts classiques avait gâté les amateurs de belles voix mercredi soir à l'auditorium de la Louvière. Ce groupe international créé à Cambridge en 1968 est devenus une force de premier plan dans la vie musicale Royaume-Uni puis du monde entier.

La formation donne plus de 100 concerts par an et son ténor Paul Phoenix qui parle parfaitement le français explique : « Ce qui fait notre force c'est notre unité, notre amitié, les chanteurs changent très peu depuis plus de 30 ans. »

Ces chanteurs expriment toute la musique du Moyen Âge à la renaissance, de la musique pop à la musique traditionnelle populaire, ou de la musique contemporaine. Ils sont deux contre-ténor : David Hurley et Robin Tyson, un ténor, en la personne de Paul Phoenix, deux baryton Chris Gabbitas et Philip Lawson, et une base : Stéphene Connolly.

Le répertoire des King Singers est particulièrement varié et chanté en fonction de la « salle ». Ce peuvent être des champs des Beatles, de Gorecki, Janequin, Deprez, Ligeti ou Brahms. Avec eux, c'est toujours la surprise mais aussi la qualité. Ils l'affirment : « Nous essayons toujours de faire de bons sons, nous travaillons nos voix. »

Tous ces artistes, choristes et musiciens travaillent entre les tournées en qualité de professeur de musique, éditeur ou compositeur. Une vie bien remplie vouée à la beauté musicale.

Le reportage photo :

Comme descendus du ciel,

pour la plus grande joie d'une salle "Spinardienne" comble

des artistes,

aussi chaleureux

et accessibles

 

que le sont toujours

ceux qui ont vraiment du talent.

Et avares ni de leur temps ni de leur énergie,

ils jouent les prolongations avec ce groupe de jeune

"

 qu'ils ont eu cette année, en formation dans une "Master Classe" à Lubeck

 

Le W M n'a pas eu le coeur de faire le tri,

et vous livre la totalité des images publiables.

 

Chris GABBITAS et Philip LAWSON, Baryton (à gauche)

 David HURLEY contre-ténor (au centre)

 Robin TYSON, contre-ténor

Paul PHOENIX, ténor

Stephan CONNOLLY, Basse

 

 

 

 

La politesse des Rois

H

 

Mercredi 16 novembre 2005

Auditorium de la Louvière

20 h 30

Les Artistes

Créé en 1968 par six Choral Scholars de King’s College, Cambridge, les King’s Singers sont rapidement devenus une force de premier plan dans la vie musicale du Royaume-Uni. Le reste du monde n’a pas tardé à suivre et aujourd’hui les tournées du groupe les amènent aux quatre coins du globe.

Du Moyen Age à la Renaissance, de l’époque romantique à l’époque contemporaine, de la musique pop à la musique populaire traditionnelle, le répertoire des King’s Singers englobe tous les genres.

Depuis leur premier concert, les King’s Singers ont pour tradition de commander des œuvres originales à un grand nombre de compositeurs de renom tels que Krystof Penderecki, Luciano Berio, Peter Maxwell Davies, Ned Rorem et Gyorgy Ligeti. Cette partie de leur répertoire compte maintenant plus de 200 oeuvres.

Leurs tournées les ont amenés non seulement dans la plupart des grandes salles de concert mondiales, mais aussi dans un grand nombre de cathédrales européennes, à Hollywood Bowl, Shea Stadium (résidence du New York Mets) et à Windsor Castle (en concert privé pour la famille royale

David HURLEY (contre-ténor) est depuis 1990 le premier contre-ténor des King's Singers. Il débuta le piano à l'âge de six ans puis il intégra le chœur de la Cathédrale de Winchester où il se spécialisa dans le chant pour voix aiguë et très aiguë.

Robin TYSON (contre-ténor) chante avec les King's Singers depuis janvier 2001. Il connu durant sa formation de choriste les premiers King's Singers au King's Collège de Cambridge où il étudia la théologie

Paul PHOENIX (ténor) débuta dans le chœur de la Cathédrale St Paul de Londres à l'âge de 9 ans. Il acquit rapidement une voix de soprano recherchée et chanta ainsi de nombreux solos. Il enregistra un CD en 1980 qui fut vendu à 100 00 exemplaires et reçu pour celui-ci la récompense d'un disque d'or.

Philip LAWSON (Baryton) est membre des King's Singers depuis 1993. Très tôt déjà, alors qu'il était écolier, il dirigea un chœur et investit un poste d'organiste. Plus tard, en 1976, il étudia la musique à l'Université de York où il chanta la partie d'alto dans la célèbre Cathédrale.

Chris GABBITAS (baryton) débuta le chant à 8 ans à la Cathédrale de Rochester. Il devint boursier au St John's College de Cambridge en 1997, le fief des King's Singers d'origine. Durant cette période, il chanta avec les Gentlemen of St John's, un groupe spécialisé dans les close harmony, puis avec le Collegium Regale, une version moderne des King's Singers.

Stephan CONNOLLY (Basse) a fêté en 2002 ses 15 ans passés avec les King's Singers. Il débuta le chant à 7 ans. Après sa mue de voix de soprano en voix de basse, il reçu une bourse de la Guildhall School of music de Londres où il se prépara à une carrière d'opéra et de concert auprès de Rudolf Piernay

Les Oeuvres

Henryk Mikolaj Górecki

(1933)

Totus tuus sum, Maria

Le Polonais Henryk Górecki fait partie des principaux compositeurs d’Europe de l’Est reconnus dans le monde de la musique ouest-européen par sa musique alliant puissance et simplicité.

Clément Janequin

(1485-1558)

Au joli jeu

La guerre

Janequin, né une génération après Josquin des Prés, est avant tout reconnu pour ses chansons.

Josquin des Prés

(1440 - 1521)

Basiez moy

Petite camusette

Nymphes des boys

Le compositeur franco-flamand Josquin des Prés commence sa carrière comme chanteur à la cathédrale de Milan, puis musicien de la Chapelle Papale.

György Ligeti

(1923)

Vier Nonsense Madrigale :

The Lobster Quadrille

Flying Robert

The Alphabet

A long sad Tale

Ligeti s’est expliqué sur le choix du sujet de Vier Nonsense Madrigale, composé en 1988, en évoquant sa fascination pour Lewis Carrol et «Alice au Pays des Merveilles» depuis sa plus tendre enfance, en traduction d’abord et dans le texte plus tard, pour sa plus grande satisfaction de lecteur.

Johannes Brahms

(1833 - 1897)

All meine Herzgedanken, opus 62-5

Dein Herzlein mild, opus 62-4

Vineta, opus 42-2

Abendständchen, opus 42-1

Johannes Brahms est né à Hambourg dans une famille pauvre. Son père, modeste contrebassiste à l'opéra d'Hambourg, détecte en Johannes un talent musical prometteur et lui fait suivre des cours de piano.

Beatles Songs

Le voyage au royaume de la musique légère que proposent les King’s Singers est devenu un élément fort de leurs concerts. La musique ne doit-elle pas être aussi un divertissement ?

Les six chanteurs ont toujours choisi de ne pas privilégier une seule et unique direction : ils chantent tout ce qui leur semble intéressant musicalement et refusent la différence entre la musique de variété et la musique dite «sérieuse». L’origine de ces «Arrangements in Close Harmony» vient de tous les domaines de la musique populaire et il était inévitable que soient arrangées pour les King’s Singers des chansons des Beatles, le groupe légendaire de Liverpool qui a influencé son époque comme aucun autre groupe pop.

 

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