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La Critique de P.J.

Sonates pour duo féminin

Un programme de musique de chambre en fin d’après-midi dominicale ? Cette formule, testée par les « Concerts Classiques » spinaliens, paraît convenir parfaitement à un public d’abonnés redoutant les retours at home tardifs, en période de rigueurs hivernales. Au terme d’un dimanche automnal ensoleillé, la venue d’un duo féminin au charme incontestable a été saluée avec sympathie : la pianiste Marie-Joséphe JUDE dont le retour était attendu avec un vif intérêt, et la jeune violoniste Stéphanie-Marie DEGAND, nouvelle révélation qu’on était impatient de découvrir.

Si austère que puisse paraître, à l’appétit et aux oreilles de certains, un menu de sonates pour violon et piano, la réussite dépend souvent du talent des interprètes, victimes quelquefois de propos émollients tenus par des présentateurs soucieux de mieux faire passer la pilule. Ce n’était certes pas le cas, l’autre soir, les deux jeunes femmes faisant preuve d’une forte personnalité et diffusant une aura de sympathie communicative. Pourtant, ce n’est pas avec la troisième sonate en fa mineur du jeune Félix MENDELSSOHN que l’on peut galvaniser un auditoire. Style classique plus que romantique, a-t-on pu écrire à propos de cette dernière sonate, où la charge émotionnelle reste pour le moins discrète et où « la ligne mélodique s’élève rarement au-dessus de l’agréable ». Sages, très sages, nettes et techniquement très propres, les deux interprètes nous sont apparues plus strictes qu’émouvantes, sauf peut-être dans l’adagio central, sorte de prémisses des futures « chansons sans paroles » du même Félix.

Le duo a retrouvé vigueur et pugnacité avec la troisième sonate en ré mineur de BRAHMS. Autant MENDELSSOHN a paru manquer de souffle et d’originalité, autant ce BRAHMS, en quatre mouvements très amples et très contrastés, a soudain conquis l’auditorium de La Louvière à l’acoustique décidément très sèche.

Ici, Marie-Josèphe JUDE confirme sa haute technicité et sa parfaite adéquation avec l’écriture foisonnante de BRAHMS. Du très beau et grand piano, quelquefois très viril, parfois dépressif, donc plus schumannien que brahmsien, mais un discours toujours dominé avec aisance. A ses côtés, mais bien en osmose avec le piano, Stéphanie Marie DEGAND s’est révélée une technicienne très aguerrie, pur produit de haut vol du Conservatoire et des Concours internationaux. Un très beau son, une certaine raideur d’archet, mais une lecture très fidèle à la partition.

Il faudra attendre, en seconde partie, la fameuse sonate de César FRANCK, pour que les deux femmes se libèrent totalement et s’éclatent, avec une certaine allégresse, dans les allegro palpitants de cette œuvre populaire dont on fredonne souvent le thème du dernier mouvement en forme de rondeau, devenu un épisode de soutient publicitaire pour « grandes surfaces ». Personne ne s’est trompé sur la qualité de l’interprétation des deux acolytes : le lyrisme intense du violon de S.-M. DEGAND, le rythme haletant et les nervosités pianistiques de M.-J. JUDE dans le premier allegro, toutes ces beautés d’écriture ont été mises en lumière et en valeur par ce duo particulièrement brillant dans ce chef-d’œuvre de la musique française.

Très généreusement fêtés, les deux oiseaux rares nous ont quittés en voletant dans la cage dorée des « Concerts Classiques ». La semaine précédente, on y avait découvert une certaine alouette haydnienne. Cette fois, le violon a prêté son âme au cygne du Carnaval de Saint-Saëns. D’ordinaire, ce cygne, au cello, vogue majestueusement. Hum ! L’oiseau de LÉDA réduit au violon, nous a paru un peu maigre et déplumé !

 

P. J.

La Presse

    L'est Républicain (07 11 05)

Quand le violon répond au piano

Deux virtuoses se sont partagés la scène de l'auditorium de la Louvière hier

dans le cadre des concerts classiques d'Épinal

L'auditorium de la Louvière était comble hier pour assister à un duo violon et piano, dans le cadre de la saison des concerts classiques d'Épinal.

Au programme, Stéphanie Marie Degand au violon et Marie-Joséphe Juppé au piano. Marie-Joséphe Jude a effectué ses classes au conservatoire national supérieur de la musique de Paris. Ayant reçu le prix de piano et de musique de chambre, elle obtient également une licence d'art à l'école normale de Paris.

Stéphanie Marie Degand fut reçue à l'unanimité au conservatoire national supérieur de musique de Paris en 1990. Les récompenses se succèdent : prix de violon de l'Adami, deuxième grand prix au concours international Feras-Barbizet, prix de la SACEM 2002.

Ces deux virtuoses se sont retrouvés à l'auditorium de la Louvière pour un programme exceptionnel, Mendelssohn, Brahms et en final, César Franck. La salle était sous le charme.

Le prochain rendez-vous est fixé le 16 novembre, à 20 h 30 à l'auditorium de la Louvière, avec « The King's Singers», ensemble vocal international qui interpréteront des oeuvres vocales de Gorecki, Janequin, Deprez  Ligeti, Brahms, Beatles...

    La liberté de l'Est

Des Photos

 

 

 

Le charme féminin au service de la Musique

Dimanche 6 novembre 2005 à 17 h 00 à l’Auditorium de la Louvière, les Concerts Classiques d’Épinal ont invité un duo féminin de charme : Marie-Joséphe Jude, au piano, accompagnera la violoniste Stéphanie Marie Degand dans des œuvres de Mendelssohn, Brahms et Franck.

Stéphanie Marie Degand

a remporté le concours de l'ADAMI en 1995, nommée "révélation classique de l'année" au MIDEM en 1998 et nominée aux Victoires de la Musique 2005. Depuis elle mène une double carrière : elle joue d'une part au sein des meilleurs ensembles baroques européens et d’autre part en musique de chambre.

Marie-Joséphe Jude

dévoile très tôt ses affinités avec le piano sous le parrainage de György Cziffra et recueille récompenses en un premier temps, aujourd'hui reconnaissance unanime. Ces années de quête vécues au piano de façon intense mais sans précipitation la mènent au rang de finaliste du Concours Clara Haskil en 1989. Plus tard encore, les Victoires de la Musique la consacrent "Nouveau Talent" de l'année 1995. Seule ou accompagnée, elle est accueillie dans les salles et festivals du monde entier.

 

Au programme

Félix Mendelssohn

(1809 – 1847)

Sonate n° 3 pour violon et piano en Fa mineur, opus 4

- Adagio - Allegro moderato

- Poco Adagio

- Allegro agitato

Avec Mendelssohn, nous voici dans un romantisme parfaitement convenable. Le romantisme fulgurant de Berlioz voulait tout balayer sur sa route ; celui de Mendelssohn est presque conscient. C'est le goût de l'époque qui l'a contraint au romantisme. Sa nature aurait fait de lui un classique. Mendelssohn est une sorte de romantique... contre nature.

 

Johannes Brahms

(1833 - 1897)

Sonate n° 3 pour violon et piano en Ré mineur, opus 108

- Allegro alla breve

- Adagio

- poco Presto e con sentimento

- Presto agitato

Esquissée dès 1886, achevée pendant l'été de 1888 au bord du lac de Thun, la Troisième Sonate pour violon et piano, dédiée par le compositeur «à son ami Hans von Bülow», est écrite d'une autre encre que les deux précédentes.

 

César Franck

(1875 – 1937)

Sonate pour violon et piano en La Majeur

- Allegro ben moderato

- Allegro

- Récitativo fantasia – ben moderato

- Allegro poco mosso

Chef-d'oeuvre incontestable de la musique de chambre française au XIXème siècle, cette Sonate fut composée durant l'été de 1886. Franck la dédia au violoniste Eugène Ysaye, qui la créa au Cercle artistique de Bruxelles en décembre 1886.

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