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La Critique de P.J.:

Le coup d’envoi de l’année MOZART

Après l'année DVORAK largement exploitée dans son calendrier festif, l'Association des "Concerts Classiques" spinaliens vient de proposer, à ses abonnés fidèles, un lever de rideau sur l'année MOZART à venir. Son choix s'est porté sur une oeuvre majeure du génial Salzbourgeois : sa grand'messe en ut mineur K.V. 427 montée régionalement par le chœur et l'orchestre "Gradus ad Musicam" que dirige François LEGÉE.

 

Excellent choix au demeurant car cette messe pour double chœur et un quatuor de solistes fait référence aux trois pôles essentiels de l'univers mozartien : l'église, l'opéra, la loge. Trois pôles indissociables mis en lumière par l'architecture de cette messe.

 

L'église, bien sûr, avec l'emploi raisonné du matériau liturgique, le respect d'une certaine tradition compositionnelle (référence au style fugué de J. S. BACH et aux enseignements du père de Wolfgang à travers le "Gradus ad Parnassum" de FUX) d'où les fugues bien carrées du "Cum sancto Spiritu" et de 1"Hosanna" du "Sanctus".

L'église oui, mais limitée au libre arbitre du compositeur en rupture de protection épiscopale. D'où un CREDO interrompu (volontairement ?) après le mystère de l'Incarnation. Un autre esprit indépendant, SCHUBERT, dans sa messe brève en la bémol passera, lui aussi, sous silence le verset "et unam sanctam, catholicam, apostolicam Ecclésiam".

Croire en Dieu ou au Grand architecte de L'Univers, oui, mais refuser d'obéir aux exigences contraignantes de la hiérarchie, ce n'est pas incompatible !

 

L'Opéra. Les références opératiques sont évidentes dans l'emploi des solistes, des deux sopranes surtout, auxquelles sont confiées les interventions vocales les plus spectaculaires avec des écarts suicidaires sur l'éventail de la tessiture (le KYRIE, 1"Incarnatus est" le "Benedictus" du "Sanctus")

Pour un tel opéra sacré, il faut un décor baroque dans le style de celui de Sankt-Peter ou du MARIA-PLAIN salzbourgeois. Or la Basilique Saint-Maurice d'Epinal n'est guère en situation pour magnifier de telles envolées lyriques !

 

La Loge. La symbolique maçonnique est sous-jacente tout au long de cette messe, avec le renfort de la petite harmonie, en particulier des clarinettes, des bassons et autres cors de basset, instruments typiques de la liturgie des loges maçonniques. Et puis, dans ses opéras, MOZART n’a-t-il pas souvent fait cohabiter le style religieux et le caractère nettement maçonnique dans ses grands chœurs de la "FLÛTE", de la"Clémence de Titus", de "THAMOS, roi d’Égypte" ?

 

L'Église. L'Opéra. La Loge. Avec cette oeuvre ambitieuse à double chœur,"Gradus ad Musicam" a pris quelques risques. L'acoustique basilicale n'est pas idéale. Le son, piégé et réverbéré par les arceaux du chœur gothique, passe difficilement les voûtes romanes de la grand'nef, d'où une impression de baisse de puissance des chœurs pourtant fournis et efficaces dans les fugues.

Même curieuse réaction à l'écoute du quatuor à cordes un peu effacé par rapport à la masse chorale. Les bois passaient mieux. Il est vrai qu’avec 600 auditeurs, le matelas humain fait office de barrage au flot vocal! Côté solistes, François LEGÉE alignait de jeunes voix : Laure BAERT et Célia PIERRE, sopranos que l'on réécoutera à l'occasion de la programmation de l'Opéra de NANCY. Deux voix exercées, plus opératiques qu'oratoriennes, avec des aigus ''forte'' un peu métalliques.

Bonnes entrées du -ténor Bertrand CARDIET et du baryton Christophe GAY. dans l'ensemble, bonne discipline des chœurs, et direction plus pédagogique qu'inspirée. Une messe en ut mineur ? Tonalité du doute, de la résignation, de la mort prochaine. Curieux/ en effet, pour une messe votive de fiançailles ! Le plus surprenant, c'est certainement cet "Agnus Dei" qui baigne dans l'ambiance de déploration rappelant la sublime"Musique funèbre maçonnique" du même frère de Loge.

 

Car la leçon de cette messe peu orthodoxe revêtue d'ornements laïques n'est-elle pas d'obédience maçonnique avec ses hymnes de louanges à la puissance divine, mais aussi ses arias recueillis, méditatifs, sur des textes vantant l'amour du prochain, l'entraide confraternelle, le pardon des offenses, la sagesse de Zarastro, la clémence de TITUS ?

Des idées véhiculées par les hommes de gauche qu'étaient les semi agnostiques du Siècle des Lumières, tels Joseph HAYDN et Amadeus Chrysostome MOZART ? Aujourd'hui, que penserait-on d'un jeune compositeur de gauche, écrivant une grand'messe pour les voix de sa fiancée et de sa future belle-sœur !

 

Et pourtant c'est à lui qu'on pourrait appliquer la grande doxologie finale du "Notre Père" : "À lui le règne, la puissance et la gloire, pour les siècles des siècles".

P. J.

 

La presse :

        L'Est Républicain  ( 01 12 2005 ) :

Mozart enseigné aux enfants

Des élèves de CE2 de Corcieux ont assisté à la grand-messe de Mozart à la

Basilique d'Épinal. Les oreilles attentives et les yeux bien ouverts.

Faire découvrir la musique, afin de développer la culture est l'une des préoccupations des enseignants pour l'épanouissement de leurs élèves.

Éric Maurice qui enseigne aux CE2 de l'école de Corcieux, le met en pratique dans sa classe.Son projet pédagogique est axé sur Mozart, aidé par Sophie Gérard, intervenante musique à l'école.

C'est ainsi qu'il montent actuellement « la Flûte Enchantée » en théâtre d'ombres.

Les enfants ont d'abord appris à chanter, puis ils ont écouté des extraits musicaux, avant de découvrir Mozart.

Ce travail a fait naître des vocations puisque certains font maintenant partie de la chorale. L'opportunité de venir à Épinal, dimanche écouter cette messe, oeuvre extraordinaire de ce musicien de génie, proposée par les Concerts Classiques, a été saisi au bond, relayée par les parents qui ont soutenu financièrement la coopérative et ont participé physiquement puisque le cinq étaient présent comme accompagnateurs.

L'appréhension de ses 26 enfants au premier rang, a été vite dissipées car tous ont suivi le concert avec une attention soutenue.

Moment d'émotion pour eux car quand Jean-Paul HOUVION, président des Concerts Classiques leur a demandé d'aller offrir des fleurs aux solistes.

Le chef d'orchestre François Léger était impressionné par la sagesse des enfants.

Moments intenses pour eux, ce concert a été également l'occasion de découvrir le train qu'ils ont pris à Vanèmont.

Une journée qu'ils ne sont pas prêts d'oublier et qui laissera des traces dans leur vie.

 

 

        La Liberté de l'Est ( 28 11 2005  ) :

La basilique sied bien aux concerts classiques.

Mozart pour une union sacrée.

À grandes oeuvres, grand succès : 600 personnes, une basilique archi-comble pour une partition certes classique, et néanmoins exceptionnelle.

D'abord parce que l'association des Concerts Classiques a fait le choix judicieux de la basilique Saint-Maurice pour l'interprétation de la grande messe en ut mineur de Mozart.

Une oeuvre imposante à la tonalité aussi triste que puissante et qui fut composée pour le mariage du compositeur autrichien.

Ensuite parce que l'union musicale est multiple : quatre solistes, deux soprani un ténor et un baryton, devant un choeur et un orchestre qui alternent les premiers rôles.

Avec une distribution de choix : Gradus ad Musicam, une association nancéienne à géométrie variable composée de formations chorales et orchestrales, les solistes Laure Baert, Célia Pierre, Bertrand Cardier et Christophe Gay, le tout dirigé par François Legée.

De cette messe en ut mineur, la formation parvient ainsi à dégager une force tranquille, une base de choristes et d'instruments sur laquelle viennent se poser les voies exigeantes et contrastées des solistes.

Sans exubérance ni austérité, mais avec une précision - et une justesse - à la solennité de la messe, tandis que la direction du choeur et de l'orchestre se fond dans une certaine constance, Constance ? Celle-là même que Mozart épouse et pour qui la messe est écrite.

Sans amour et sans foi, selon l'anecdote et l'Histoire. L'oeuvre, elle, a résisté au temps.

P.A.

 

Le reportage photo :

On donnait ce dimanche un :

en la Basilique d'Epinal

Recto : 15 heures 15

Verso 16 heures 15

Au premier rang : toute la classe de M. Maurice Instituteur à Corcieux.

...

...

...

François LEGÉE : Direction, Christian GAY : Baryton, Bertrand CARDIET : Ténor, Laure BAERT & Célia PIERRE : Sopranos

Puis d'étranges Mantes Prie-Dieu rouges,

apparurent sous le Portail des Bourgeois,

et comme si la messe

avait été mal chantée

elles déclenchèrent

une apocalypse froide et blanche,

qui conduisit notre directeur artistique,

directement dans un enfer réservé aux hommes.

 

 

 

 

 

 

Dimanche 27 novembre 2005

Basilique Saint-Maurice

16 h 00

 

Musique Sacrée

 

Mozart :

Les Artistes

 

Gradus ad Musicam

 

est une association de type loi de 1901 composée de diverses formations chorales et orchestrales. Son objectif est de permettre au plus grand nombre d'accéder à des productions musicales de haut niveau, par des structures spécifiques de travail et de formation.

 

 François Legée,

directeur musical, chef de chœur et d’orchestre de l’association Gradus ad Musicam, possède une solide formation : diplômes d’instruments, prix d’analyse du Conservatoire National de Musique, licence de musicologie et CAPES d’Education Musicale.

Laure Baert

 Après une formation musicale au CNR de Lille où elle obtient son diplôme de fin d’études de piano et le premier prix de musique de chambre, Laure Baert intègre la classe de chant de Christiane Stutzmann au CNR de Nancy : elle y reçoit la médaille d’or et le prix de perfectionnement à l’unanimité ainsi que les premiers prix de formation musicale et d’analyse.

 

Célia Pierre

 

Médaillée d’or en 2000 du CNR de Nancy en chant et musique de chambre dans la classe de chant de Christiane Stutzmann, Célia Pierre est, depuis, également détentrice du diplôme de concert interrégional de chant. Formée et diplômée en musique de chambre baroque au CNR de Nancy, elle fait partie du «Concert Lorrain» dirigé par Anne-Catherine Bucher avec lequel elle se produit régulièrement dans la région dans des programmes de musique ancienne.

 

Bertrand Cardiet

 

En 1999, le ténor Bertrand Cardiet obtient le DEM en Chant Lyrique à l’ E.N.M de Pantin et remporte le Concours International de l’ U.F.A.M à Paris. Depuis 1995, il est professeur de Chant au Centre d’Animation Point du Jour à Paris.

 

 

Christophe Gay

 

Originaire d’Anjou, Christophe Gay est un jeune baryton médaillé d’or du CNR de Nancy en chant et en musique de chambre, dans la classe de Christiane Stutzmann. Par ailleurs, il a été lauréat du concours «les symphonies d’automne» de Mâcon en 2001 dans la catégorie Opéra.

 

L’Oeuvre

 

 Wolfgang Amadeus Mozart

(1756-1791)

 

Grande Messe en Ut mineur pour solistes, double chœur et orchestre, K.427

 

Bien souvent, les histoires à propos de telle ou telle œuvre proviennent plus de poètes que d'historiens. Dans le cas de cette grande messe, le premier biographe de Mozart, qui épousa la veuve de Mozart, a pu disposer d'informations de première main. Par ailleurs, l'importante correspondance entre Mozart et son père permet de comprendre cette époque qui vit la naissance de cette œuvre exceptionnelle.

 

Kyrie, Gloria, Gratias, Qui tollis, Jesu Christe/Cum sancto spiritu, Credo, Sanctus/Osanna 1, Osanna 2

 

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