La Critique de P.J.:
La famille clarinettes à l’apéritif concert
« Une heure avec » en prélude à l’apéritif. La formule, testée la saison dernière par les « Concerts Classiques » a du bo, du bon, Dubonnet. Deux cent cinquante abonnés ont bravé le froid et les giboulées olympiques pour venir se divertir, un dimanche matin, en compagnie du quintette de Lorraine « Ebony clarinettes » (Ebony ? en hommage à, peut-être, « Ebony concerto » de Stravinsky ?).
Bon choix apparemment. Car cette heure musicale hors normes, offrait autant à voir qu’à entendre. Tout d’abord une découverte de la famille clarinettes au grand complet, depuis la si bémol que pratiquent tous les élèves de l’ENM, jusqu’aux deux pipes, l’alto et la basse, qui ne sont ni des saxos ni des cors de basset mais bien des clarinettes les moins jouées de la famille.
Ensuite, une découverte géographique. Les cinq compères qui s’entendent comme larrons en foire, nous ont embarqués dans une dérive des continents. Départ donné sur le continent classique avec une marche bien carrée de Haendel, et une fugue aussi bien tricotée par le père Bach, en donnant un coup de chapeau, au passage, à la môme Piaf à travers la quinzième improvisation de Francis Poulenc. Bien vite, on a dérivé vers l’archipel des folklores avec l’acrobatique Czardas de Monti, puis vers le continent du Jazz-band adapté par le compositeur-maison Éric Goubert, titulaire de la clarinette basse et bouc émissaire de ses collégiens indisciplinés. Car les cinq virtuoses ne dédaignent pas de jouer les pitres en animant leur espace sonore de réflexions incongrues, de faux départs et de fausses sorties. Humour gigogne, dans un style copain-copain qui n’est pas sans faille : la présentation rigolarde des pupitres mériterait peut-être une mise en scène plus professionnelle.
Hormis ces quelques réserves, les cinq professeurs, apparemment décontractés, sont des instrumentistes virtuoses, rompus à tous les styles et aux improvisations les plus inattendues et les plus réjouissantes. Le dit quintette est aussi un creuset d’inventions dues aux talents du compositeur Éric Goubert qui n’est pas seulement le Monsieur qui tape du pied et qui vomit des borborygmes à l’octave inférieure, mais surtout le père d’une série de « clunks » mêlant le funk, le jazz-hot, le folk et des bribes de hard rock. En somme, un continent tout neuf à explorer, susceptible de décrasser les oreilles mozartiennes.
Après ces folies rythmiques, les cinq copains nous ont enchantés avec des pages plus sages mélodiquement, tubes empruntés à George Gershwin, Chick Coréa ou John Williams. Apparemment, ce cocktail auditif de styles, de genres hybrides et de gags humoristiques a beaucoup surpris et finalement a plu au public dominical qui, avant l’apéritif, a su apprécier les dernières pirouettes du groupe déchaîné dans une parodie burlesque de la « Panthère rose ». Si peu classique qu’elle soit apparue, la famille clarinettes a donné une démonstration virtuosique de ses multiples possibilités.
P. J.
La presse :
L'Est Républicain ( 13 02 2006 ) :
Apéro en musique.
L'idée des concerts classiques de faire ponctuellement un apéritif musical est excellente.
Surtout lorsque sur scène des musiciens amènent une folie musicale rafraîchissante.
Une salle comble et sur scène cinq musiciens pour un concert apéritif d'une heure dédié à un instrument la clarinette. Le quintette de Lorraine « Ebony Clarinette » est l'invité de l'association, « Les concerts classiques » qui porte mal son nom pour l'occasion. Même si la première oeuvre signée Haendel conforte le public, habitué à la musique classique, ce dernier devine qu'il ne va pas tranquillement finir sa nuit, doucement bercé par une musique baroque.
Comme pour le préparer à la suite de la XVe improvisation de Francis Poulenc appelée également hommage à Édith Piaf prouve que les cinq musiciens vont offrir un programme éclectique.
Réveiller la salle.
Trop poli pour être franchement pris au sérieux Éric Goubert, dissimule en effet dans sa clarinette basse quelques surprises qui vont réveiller la salle. Jean-Sébastien Bach avec la fugue en la mineur BWV 947 pour endormir son monde et un enchaînement pour le moins surprenant. Une véritable crise de folie sonore du compositeur du groupe Éric Aubert scotche chacun sur son siège.
Une longue plainte préambule à une oeuvre intitulée Techno Clunk 2 et une pluie de notes groove funk mâtinée de swing et jazzy, une goutte de folk, un seau de disco, quelques larmes de New age et le sourire des musiciens qui prennent, comme le veut la tradition du jazz, leur pied. Ça réveille, ça suinte de folie et le morceau de Chik Coréa : Central Park ou les trois préludes de George Gershwin paraissent fadasses devant l'énergie du Clunk 5 « dzeu djam ».
Humour.
Puis comme pour remettre de l'ordre dans ce concert pour le moins atypique la musique du film «La liste de Schindler » de John Williams interprétée avec douceur ne fait que contraster avec la fin du spectacle.
Oui un véritable spectacle bourré d'humour ou l'un des musiciens revient avec une queue de panthère pour interpréter la fameuse musique du dessin animé, où le compositeur saute hors de scène.
Ces complices se répondent à coups de clarinette si, si bémol et la.
On chante, on s'amuse, tout cela a réveillé les spectateurs pour l'apéro et la foule ovationne les cinq musiciens qui grâce à leur énergie et leur folie musicale viennent de faire découvrir toutes les facettes d'une famille d'instruments, la clarinette.
Pascal Najean
La Liberté de l'Est ( 13 02 2006 ) :
Le quintette qui dépoussière la clarinette.
En se prêtant au jeu du concert apéritif organisé par les Concerts classiques,le quintette Ebony clarinettes proposait hier un brunch musical, enlevé, frais et rigolo.
Ils sont cinq. Comme les types de clarinettes qu'ils utilisent, comme le nombre de siècles qu'ils balaient en une heure de récital.
Les conventions aussi, ils les balaient. Nouveaux amis du petit déjeuner tardif - ou de l'apéritif, comme l'annonçaient les Concerts classiques-, les cinq musiciens se la jouent (faux) lève tard grincheux mais vrais musco-rigolo talentueux. Et iconoclastes.
Cinq clarinettistes autant d'instruments, des possibilités multiples. Derrière l'apparence de joyeux drilles, le quintette Ebony commence par en imposer : la solennelle « Arrivée de la Reine de Saba » de Haendel, dont la sobriété n’égale que le classicisme, pour commencer ; le plus subversif « Hommage à Édith Piaf » de Francis Poulenc ensuite pour donner le ton : éclectique.
Dès lors, on s’emballe pour ces Ebony Clarinette, où cinq copains musiciens bardés de prix qui s'efforcent de faire redécouvrir leur instrument. Quitte à s’engueuler sur scène, ponctuer les morceaux de blagues à la subtilité crescendo, où se liguer contre l'un des leurs - Eric Goubert - qui a composé quelques morceaux du répertoire. Des bizarreries baptisées Clunk (contraction de « Clarinette » et « Funk » ) qui réinventent la clarinette et qui veulent, selon l'intitulé « s'immerger dans les musiques actuelles. » « Bref quelque chose qui ressemble à ce que l'on entend en boite de nuit » dixit Christian Wiss le chef de bande.
A l'écoute, si la démarche ne manque pas de séduire, on reste plus sceptique sur la référence du nocturne. Ou alors un club matinal, un de ceux où l'on va poursuivre la nuit de manière moins agitée, mais tout aussi festive : exactement l'idée des Concerts classiques et de leurs concerts apéritif ( initiative qui a lieu une fois par an) qui a convaincu, hier,250 mélomanes. Et autant de fêtards, donc.
La reportage :

Notre " classique " public

De " classiques " clarinettes,
Bach et Haendel,

puis soudain

une " rose panthère "

que ses compères vont bientôt abandonner ...

pour un apéritif annoncé.











Dimanche 12 Février 2006
Auditorium de la Louvière
11 h 00
Concert Apéritif
Quintette de Lorraine
"Ebony Clarinettes"

Philippe DORN,
Clarinettes Si bémol et Alto
Eric GOUBERT,
Clarinette Basse, Compositeur et Arrangeur
Nicolas JURADO,
Clarinette Si bémol
Christian WISS,
Clarinettes Si bémol et La
Les Artistes
En ce mois de février les Concerts Classiques d’Epinal invitent les mélomanes à une manifestation conviviale : un concert sans entracte dédié à la Clarinette et suivi d’un apéritif autour des artistes.
Dimanche 12 février2006 à l’Auditorium de la Louvière, le Quintette de Lorraine « Ebony Clarinettes », invite les Spinaliens à voyager dans les répertoires de la renaissance, du baroque et du classique ; mais aussi dans les univers du jazz, de la musique de film et de TV dans un spectacle vivant, original et coloré. Composé de : Jérôme Chilla, Philippe Dorn, Eric Goubert, Nicolas Jurado, Christian Wiss.
Ebony Clarinettes a été créé en 1998 sous l’impulsion de Philippe DORN, Directeur du Conservatoire de Musique de Thionville.
Ebony bénéficie du soutien et représente la société SELMER Paris (1er fabricant d’instruments à vent), la Ville de Thionville, le Conseil Général de la Moselle et la Conseil Régional de Lorraine.
Fort de ces atouts, Ebony fait l’objet de nombreuses invitations en France et à l’étranger. Alors si vous souhaitez écouter de la musique rare et inattendue, n’hésitez pas ... venez assister à ce concert !
Les Œuvres
Georg Friedrich Haendel

(1685 – 1759)
L’Arrivée de la Reine de Saba
Contemporain de Bach c'est le plus international des compositeurs. Excellent organiste, il voyagea beaucoup en Italie où il connut Corelli et la famille Scarlatti. Mais c'est surtout en Angleterre qu'il fit carrière.
Francis Poulenc

(1899 – 1963)
XV ème Improvisation (hommage à Edith Piaf )
Francis PouIenc naît à Paris, cité qu'il affectionnera toute sa vie pour son élégance et son énergie ; il y meurt à l'âge de soixante-quatre ans. Agé d'à peine sept ans, il compose de courtes pièces et son ambition précoce de jouer du piano est encouragée par sa mère, elle-même musicienne.
V. Monti
Csàrdàs
Eric Goubert
Plaintes
Jean-Sébastien Bach

(1685 – 1750)
Fugue en La mineur BWV 947
Né le 21 mars 1685 à Eisenach dans un milieu de musiciens, il reçoit une éducation par son père Johann Ambrosius qui lui enseignera l’utilisation des instruments à cordes et son oncle, qui lui apprend à jouer de l’orgue.
Eric Goubert
Clunk 2 "techno"
Avec la série des "Clunk", suite de 7 pièces, Ebony s'immerge dans les musiques actuelles et s'inscrit dans une démarche créative et innovante.
Chick Corea

(1941)
Central Park
Né le 12 juin 1941, Chick Corea est un pianiste de jazz et jazz-rock qui s'est rendu célèbre pour ses travaux des années 1970.
Georg Gershwin

(1898 – 1937)
3 Préludes
Compositeur américain, né Jacob Gershowitz à Brooklyn, New York de parents juifs immigrants russes, il composa la plupart de ses œuvres avec son frère Ira, parolier.
John Williams

(1932)
La liste de Schindler
John Williams est l'un des vétérans incontestés de la musique de film américaine : 5 Oscars et plus de 40 nominations, un record !
Eric Goubert
Clunk 5 "dzeu djam"
Clunk 1 "the groovy one"